Coopération dans le secteur de l’eau

I - Coopération bilatérale : Agence Française de Développement (AFD)

La France, via l’AFD, est présente dans le secteur de l’approvisionnement en eau potable depuis de nombreuses années. Cette présence s’est concrétisée par un financement au cours des années 80 pour le soutien de l’Entreprise Eau et Electricité des Comores (EEDC), puis, en 1997, par le financement de la société créée pour la remplacer : la Comorienne de l’Eau et de l’Electricité (CEE), celle-ci ayant passé un contrat avec le groupe Vivendi. Une partie importante du financement sera affectée au système d’adduction d’eau potable de Moroni.
En 2004, l’AFD oriente sa stratégie vers la gestion des réseaux d’eau, principalement en milieu rural en soutenant un projet sur les îles d’Anjouan et de Mohéli visant à relancer la gestion communautaire des réseaux et à améliorer la gestion de la ressource.

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Ce Projet d’Appui à la Gestion de l’Eau Communautaire, le PAGEC (1,5M€), a permis de renforcer l’Union des Comités de l’Eau d’Anjouan (UCEA) et de créer l’Union des Comités de l’Eau de Mohéli (UCEM). A l’issue du projet PAGEC, les représentants des Unions des Comités de l’Eau à Anjouan et Mohéli ont réussi à s’imposer comme les principaux interlocuteurs au niveau de la gestion des ressources en eau et des infrastructures d’approvisionnement en eau potable dans les îles d’Anjouan et de Mohéli. Le rôle de maîtrise d’ouvrage déléguée a ainsi pu leur être confié par les Autorités en charge de ce secteur au niveau de l’Union et des deux îles.

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Projet de Renforcement du Service de l’EAU (RESEAU, 750 000 €) : l’AFD assure le financement de ce projet, dont les Unions de Comités de l’Eau d’Anjouan et Mohéli (UCEA et UCEM) sont les maîtres d’ouvrages délégués (et/ou reconnues comme opérateur dans la gestion communautaire de l’eau par le gouvernement des îles d’Anjouan et Mohéli). Ce projet vise, d’une part (i) à renforcer ces structures associatives dans leur rôle de maitre d’ouvrage délégué et d’autre part (ii) à améliorer les conditions de vie des populations à travers une gestion durable de l’accès à l’eau potable.

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En parallèle, et afin de répondre aux besoins des populations, l’AFD a financé, sur fonds propres, des études permettant d’identifier des réalisations d’envergure pour la desserte en eau potable des habitants des îles d’Anjouan (Péninsule de Sima et agglomération de Domoni) et Mohéli (Plateau du Djandro).

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Projet d’Adduction d’Eau Potable de la Péninsule de Sima à Anjouan (AEP Sima, 4.2M€) et Projet d’Adduction d’Eau Potable du Plateau du Djandro à Mohéli (AEP Djandro, 4.2M€)  : afin de répondre aux besoins, il est apparu essentiel de réaliser des ouvrages hydrauliques d’envergure afin d’améliorer l’approvisionnement en eau des populations, tant en quantité qu’en qualité et d’inciter les usagers à payer régulièrement l’eau consommée. Les projets concernent la réalisation d’une adduction en eau potable sur la péninsule de Sima à Anjouan (25 000 habitants à l’horizon 2025) et sur le plateau du Djandro à Mohéli (11 000 habitants en 2025). Les objectifs sont l’amélioration du taux d’accès à l’eau potable des populations et la mise en place d’un service public de l’eau potable complet, durable et accessible à tous dans un esprit d’équité.

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Projet Gestion du service public de l’eau en milieu rural sur l’île de Grande Comore (GECEAU, 5.5M€) : sur l’île de Grande Comore, la situation de l’approvisionnement en eau potable dans les villages ruraux est critique puisque 64 % des habitants n’ont accès qu’à de l’eau de pluie recueillie dans des citernes. Ce contexte s’explique par (i) l’absence de réalisation de projets d’envergure depuis les années 80, (ii) les faibles ressources en eau disponibles du fait de la géologie de l’île (perméabilité des sols) et (iii) la gestion du service public de l’eau inefficiente.

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Le projet vise (i) la réalisation d’une campagne de forages, (ii) la réhabilitation/extension de deux adductions d’eau potable inter-villageoises sur deux zones pilotes et la mise en place d’un système de gestion du service public de l’eau sur ces zones, (iii) la réalisation de systèmes de recueil des eaux de pluie pilotes, (iv) le renforcement des capacités de la maitrise d’ouvrage et des acteurs impliqués dans le service public de l’eau (sur l’île de Grande Comore, il n’existe pas d’association légitime intervenant dans ce domaine : la Direction Nationale de l’Energie, des Mines et des Ressources en Eau devra donc être renforcée pour assurer pleinement la maitrise d’ouvrage).

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Le projet, en cours d’instruction, permettra d’améliorer l’accès à l’eau potable de 30 000 habitants et de développer des ressources en eau en faveur de l’ensemble des habitants ruraux de l’île (environ 200 000 habitants) sous réserve de mobiliser des financements parallèles

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Projet d’Adduction d’Eau Potable de l’agglomération de Domoni à Anjouan (AEP Domoni, 6M€)  : ce projet, aussi en cours d’étude, dans la même optique que les projets de Sima et de Djandro, permettra (i) l’amélioration du taux d’accès à l’eau potable et (ii) la mise en place d’un service public de l’eau potable complet, durable et accessible à tous pour les 20 000 habitants de l’agglomération de Domoni. L’Union des Comores, avec l’appui de l’AFD, a porté ce projet devant les instances de l’Union Européenne suite à l’annonce de l’initiative Barosso pour accélérer l’atteinte des OMD d’ici 2015. Un financement de 4.5M€ a été accordé à l’Union des Comores pour sa mise en œuvre avec délégation de gestion de fonds à l’AFD, qui complètera cette subvention à hauteur de 1.5M€.

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II - Coopération en Co développement : pilotage du SCAC

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L’ONG Hydraulique Sans Frontières (HSF) intervient dans la région de Oichili pour la réalisation d’un réseau d’adduction d’eau potable et la mise en place d’un système de gestion pour 6 villages. Ce projet est soutenu par plusieurs bailleurs ; l’Union Européenne, le Syndicat des Eaux d’Ile de France (SEDIF), le Projet Co développement pour l’Union des Comores (PCUC), le gouvernement et la diaspora, le tout pour environ 500 000 €.
D’autres multiples associations interviennent ponctuellement souvent en relations avec les moyens de la diaspora et des coopérations décentralisées aux Comores.

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Ce même PCUC a cofinancé sur 2009/2010, à hauteur de 82 000 €, trois autres projets (Adduction d’eau du village de Ouellah, alimentation en eau potable du village de Dzahajou / Mbadjini, extension du réseau d’eau dans le quartier de Msiwave) qui représentent un montant total de 375 000 €. Ces actions d’ONG et associations de la diaspora ont permis à 12 500 personnes d’accéder à l’eau portable.

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III - Coopération Décentralisée en relation avec le SCAC

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La Société du Canal de Provence (SCP), opérateur de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, a finalisé en 2009 la réalisation d’un laboratoire de contrôle de l’eau potable à Moroni, installé à l’Université. En parallèle un état des lieux cartographié de l’accès à l’eau potable sur Grande Comore a été effectué. Le Conseil Général de la Seine Saint Denis dans le cadre de la convention de partenariat signée en septembre 2011 avec l’association des maires de la Grande-Comore envisage d’intervenir en lien avec le Syndicat des Eaux de l’Ile de France pour le renforcement de capacité de maîtrise d’ouvrage des communes sur le domaine de l’eau.

Dernière modification : 28/05/2012

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