Coraux : une maladie nouvellement décrite dans l’Océan Indien

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© IRD / Pascale Chabanet Récif réunionnais

Et une maladie de plus sur la liste ! Le premier état de santé des coraux du sud ouest de l’Océan Indien a conduit à la description d’une nouvelle pathologie : le Porites white patch syndrome (PWPS), ou maladie des taches blanches. Les études, réalisées dans le cadre du projet Etimareco (Identification et étiologie des maladies associées aux récifs coralliens dans le sud ouest de l’Océan Indien), ont été menées sur trois iles. L’ile de la Réunion présente un récif frangeant jeune, d’à peine 25 km de long, dont la barrière est située au maximum à 500 m de la plage. «  De ce fait il est très vulnérable aux fortes pressions humaines », précise Pascale Chabanet, biologiste. De la même manière, les récifs du lagon de Mayotte ont été « relativement impactés par les activités humaines  », note Mathieu Séré, doctorant en biologie marine. Quant aux formations coralliennes situées au nord de l’Afrique du Sud, elles affichent une meilleure santé. La présence de ce syndrome a été relevée dans les trois zones. La maladie touche principalement les colonies de coraux du genre Porites, pour lesquelles elle est potentiellement mortelle. Les tissus nécrosés forment des tâches claires, circulaires, sur les colonies. Les pertes tissulaires générées sont plus ou moins irréversibles. « Dans des conditions environnementales propices, lorsque la température augmente, la maladie progresse jusqu’à la mort complète des tissus », précise Mathieu Séré. L’agent pathogène responsable de ces nécroses a pu être caractérisé. « Le séquençage ADN a permis d’isoler les souches de bactéries potentiellement pathogènes. Les tests d’inoculation de ces souches à des coraux Porites, en aquarium, révèlent que l’agent responsable est une bactérie génétiquement proche de ceux souches connues : Vibrio tubiashi et Vibrio hepatarius  », annonce le jeune chercheur. Son identification est en cours de finalisation.

Reste désormais à identifier le vecteur de ce pathogène. Parmi les candidats potentiels, deux familles de poissons coralliens du genre Chaetodon et Stegastes ont retenu l’attention. « Il s’agit des poissons papillons, qui se nourrissent de polype, organise constituant l’unité structurale du corail, et des poissons demoiselles, herbivores  », précise Pascale Chabanet. A la manière de jardiniers, ces derniers cultivent les algues sont ils se nourrissent et peuvent, dans ce but, blesser les colonies coralliennes. Suite aux premiers résultats, les demoiselles prennent place sur la liste des vecteurs de la maladie des tâches blanches.

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© IRD / Pascale Chabanet



Entre 1998 et 2008, le nombre de poissons herbivores tels que les Stegastes (premier plan) a augmenté, traduisant une prolifération des algues dans le lagon réunionnais.

Source : Sciences au Sud, le journal de l’IRD n°68, 1er trimestre 2013, p. 8.

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Dernière modification : 20/05/2013

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