Débat citoyen planétaire - Discours de l’Ambassadeur, M. Robby Judes

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L’événement que nous allons lancer dans quelques instants marque une étape importante dans le déroulement de la préparation au sommet mondial sur le changement climatique, la cop21, qui se tiendra à Paris en décembre prochain.

Le débat citoyen planétaire est un moment historique et l’Union des Comores fait partie de ces 100 pays qui, grâce à ses 100 ressortissants présents ici à l’Alliance française de Moroni, se mettent à l’unisson de la marche du monde.

Ce débat est d’abord un forum où la parole est libre et où nous attendons de chacun des participants qu’il fasse preuve d’audace ou tout au moins de sincérité.

Le sommet de Paris ne sera pas qu’une réunion courtoise de chefs d’Etat. Ce sera surtout un lieu d’échanges et de décisions.

Echanges qui seront nourris par un constat, celui de l’irréversibilité du réchauffement climatique si des mesures urgentes n’étaient pas prises par la communauté internationale. Le débat d’aujourd’hui permettra aux citoyens de toutes origines, de toutes classes sociales de se faire entendre en haut lieu et de peser dans les négociations qui s’annoncent.

Des décisions concrètes en découleront afin de développer des mécanismes de solidarité qui prennent en compte la situation des Etats les plus démunis devant les conséquences du changement climatique. Et c’est le cas des petits états insulaires en développement parmi lesquels se trouvent les Comores.

Ici, le réchauffement climatique prend la forme de vents violents, d’érosion des côtes avec au final des difficultés pour l’agriculture, la pêche, tout ce qui concerne en fait la subsistance des Hommes.

C’est parce que les Comores ont pris conscience de ces menaces qu’ils ont décidé de prendre toute leur part dans ce sommet qui verra l’ensemble des nations se réunir au chevet de la planète.

Il ne s’agit pas de faire le procès des pays les plus développés et donc les plus producteurs de gaz à effet de serre et de dédouaner les Etats les moins pollueurs. Il s’agit de reconnaître les vraies responsabilités et de répondre ensemble, de manière forte, à une menace globale.

Chers amis, les gaz polluants n’ont pas de frontière et nous devons agir ensemble en fonction de nos moyens pour permettre d’exaucer le beau mot de Saint-Exupéry : « nous n’héritons pas de la Terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants ».

D’ici octobre, les Comores pourront faire parvenir leur contribution au sommet de Paris grâce au concours d’experts recrutés par Expertise France sur des fonds gérés par l’AFD à la demande du Ministre français des affaires étrangères.

La France a toujours été à la proue des grands pays désireux de porter la voix des petits Etats. C’est là une belle preuve de solidarité entre nos deux nations.

Pour que cette voix se fasse entendre de manière encore plus claire, j’ai eu l’assurance de la présence du Président Ikililou à la COP21. Par ce geste, le premier des Comoriens affichera la volonté de votre pays de s’approprier son propre destin. Les cent citoyens ici présents renforcent ce sentiment et je suis sûr que la pertinence de leurs réflexions n’aura d’égal que le foisonnement de leurs idées.

Dès la semaine prochaine, nous pourrons prendre connaissance des conclusions de ce débat citoyen.

Je forme le vœu, par avance, que tous les Comoriens s’associent et réfléchissent ensemble à l’élaboration d’un schéma de développement respectant l’environnement. Peut-être que l’une des recommandations de ce sommet sera que les petits états insulaires en développement proscrivent la consommation insensée d’énergie fossile, utilisent à dessein les énergies renouvelables, revisitent leur mode de consommation en évitant la déforestation et se tournent enfin vers une agriculture dénuée d’engrais sans compter le développement de l’écotourisme qui ouvrirait de larges perspectives à l’économie comorienne.

Avant de clore mon allocution, je voudrais remercier l’Alliance française de Moroni et son directeur pour nous avoir permis d’organiser cet événement. J’exprime ma plus vive gratitude au SCAC, à l’AFD et à leurs responsables ainsi qu’au ministère comorien de la production, de l’environnement, de l’Energie, de l’industrie et de l’artisanat.

D’avance, je félicite tous les participants à cette noble journée.
Mesdames, Messieurs, bons travaux

Dernière modification : 09/06/2015

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