Discours à l’occasion de l’inauguration de la stèle commémorative en hommage aux victimes de la catastrophe aérienne du 30 juin 2009

Le 30 juin 2011

Nous sommes réunis aujourd’hui pour inaugurer ensemble cette stèle, financée par le Gouvernement français, pour marquer le souvenir d’un drame aérien qui a coûté la vie à 152 victimes innocentes. Seule une jeune fille a survécu, peut être pour témoigner de la brutalité du sort qui a ravi à notre affection des proches, des parents, des amis – dont la mère de Bahia Bakary, dans cette nuit tragique du 29 au 30 juin 2009. Ce souvenir, leur souvenir, restera à jamais gravé dans nos cœurs.

C’est justement pour ne pas les oublier, pour que les générations futures se souviennent d’eux, que nous avons souhaité ériger cette stèle.

Nous avions prévu d’y inscrire les noms des victimes. Malheureusement, pour des raisons diverses sur lesquelles je ne souhaite pas m’appesantir, cela n’a pas été possible. Mais au moins, à travers l’inscription, en français et en arabe, qui figure au pied de cette stèle, le souvenir collectif de vos proches disparus restera gravé à jamais.

Je me souviendrai moi aussi à jamais de ce drame, de l’appel, vers deux heures du matin le 30 juin 2009, du Vice-Président Idi ici présent, m’annonçant la disparition en mer de l’avion qui assurait ce vol IY 626.

J’ai aussitôt appelé le Général COMSUP FASZOI à La Réunion, qui a alerté la Préfecture et mobilisé les moyens aériens et maritimes nécessaires pour porter aide et assistance aux autorités comoriennes dans la recherche de l’épave de l’avion et d’éventuels survivants. Dès le lendemain de ce drame, le gouvernement Français à travers le Secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie d’alors, M. Joyandet, est venu témoigner de sa compassion et de sa solidarité agissante. La France a assuré le rapatriement sanitaire de Bahia Bakary, afin qu’elle y reçoive les soins que nécessitait son état. Dix jours plus tard, c’est le Premier ministre François Fillon qui venait rencontrer les représentants des familles des victimes et les autorités comoriennes pour envisager avec elles les suites à donner à ce crash aérien. Il a également à cette occasion décoré le sauveteur de Bahia, Libounah Maturaffi, de la médaille pour actes de bravoure du Ministère français de la Mer.

Ces visites, les moyens importants mis en œuvre pour les recherches en mer des boîtes noires, des débris de l’avion et des corps des victimes, dont certains ont été retrouvés sur les côtes tanzaniennes, témoignent de la forte implication de la France dans la gestion des conséquences de ce drame. Le Président Sarkozy lui-même, après la cérémonie organisée à la mosquée de Paris, a rencontré à plusieurs reprises les associations des familles des victimes et leur a confirmé l’engagement de la République à faire ériger une stèle pour commémorer ce drame.

Cette stèle est devant nous aujourd’hui.

Je remercie tous ceux qui ont contribué à ce qu’elle puisse être inaugurée à l’occasion du second anniversaire du crash du vol IY 626. Ils sont nombreux. Permettez-moi une mention particulière, au-delà des autorités françaises et comoriennes, pour quelques-uns d’entre eux :
- la municipalité et la population de Mitsamiouli, qui ont mis à notre disposition ce terrain ;
- la Mamwe, qui a accepté de déplacer le poteau électrique qui s’y trouvait ;
- les deux architectes Mahmoud Keldi et Nadia Moussa, qui ont assuré sa conception et supervisé sa réalisation ;
- l’entreprise Saïd Hassane et Fils qui en a assuré l’édification
- Louis-Mathieu Roux, qui a assuré, depuis plusieurs mois, pour le compte de l’Ambassade, le suivi des différentes étapes et la liaison entre les différents acteurs, en France et aux Comores, de ce chantier qui n’a pas toujours été simple. Il s’est acquitté de sa tâche avec persévérance et professionnalisme.

Nous souhaitions, malgré les polémiques qui ont malheureusement entouré ce projet, réaliser une œuvre sobre et digne, qui témoigne de notre compassion à l’égard des familles des victimes. C’est désormais le cas.

Je voudrais m’adresser à tous ceux et toutes celles qui ont souffert et souffrent encore.

Je sais combien cet évènement dramatique doit être gravé à jamais dans votre cœur. Je souhaite qu’à travers cette stèle, vous soyez assurée que nous non plus n’oublierons pas tous ceux qui ont péri. Mourir est dramatique bien sûr. Mais pour tous ceux qui restent, la vie doit continuer, malgré la douleur.

C’est pourquoi le plus beau cadeau qu’on puisse leur faire est de vivre heureux, d’assumer ce souvenir certes dramatique mais d’en faire une force pour l’avenir.

Avant de conclure, je souhaiterais, enfin, remercier l’association locale des familles des victimes dont le soutien constant nous a été précieux.

Merci de votre attention.

Luc HALLADE

Dernière modification : 04/07/2011

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