Discours de l’Ambassadeur pour la Fête Nationale du 14 juillet 2016

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L’Ambassadeur de France durant son discours du 14 juillet à la Résidence. © Service de Presse de l’Ambassade de France aux Comores

« Monsieur le Représentant du Président de l’Union des Comores,
Messieurs les Vice-Présidents,
Monsieur le Président de la Cour suprême,
Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle,
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Messieurs les Ministres ou leurs représentants,
Messieurs les anciens ministres,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les élus,
Eminence Monsieur le Grand Moufti,
Mesdames et Messieurs les ambassadeurs et représentants des organisations internationales,
Messieurs les officiers des armées comoriennes et françaises,
Messieurs les anciens combattants,
Chers compatriotes,
Chers amis,

Je suis heureux de vous accueillir si nombreux à la résidence de France.
Votre massive présence témoigne de la vitalité du noble héritage de la Révolution française et de la force de l’amitié entre la France et les Comores. La France qui, fidèle à ses principes, continuera inlassablement à aider l’Union des Comores à se développer. Cette France qui n’est jamais aussi belle, qui n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle est généreuse. Et malgré les difficultés économiques que rencontrent les pays de l’union européenne dont la France, l’aide et la solidarité françaises n’ont jamais fait défaut au cours de ces dernières décennies.

Je voudrais simplement rappeler ce que recouvre concrètement l’aide française au développement des Comores durant cette année écoulée. D’abord l’action de l’Agence française de développement :

Dans le domaine de la santé, l’événement le plus significatif c’est un nouvel engagement en janvier 2016 de 7 000 000 € (3 443 780 286 KMF) dans le cadre d’une troisième phase du PASCO 3 (Programme d’appui au secteur de la santé de l’Union des Comores). Au cours des douze derniers mois c’est près de 2 000 000 € qui ont été décaissés en faveur de l’Union des Comores dans le secteur de la santé. Le lancement des travaux de démolition de l’ancienne maternité de l’hôpital El-Maarouf est le point de départ du pôle mère-enfant que la France entend livrer fin 2017.

Dans le secteur environnement, l’action de l’AFD s’exerce principalement à travers l’appui au programme de valorisation du Parc National de Mohéli et à travers son appui à la constitution d’un Fonds Environnemental pour les aires protégées de l’Union des Comores. L’AFD a par ailleurs apporté une importante contribution à l’Union des Comores pour la préparation de la COP21.

Dans le secteur de l’eau, l’action de l’AFD s’est poursuivie au cours des 12 derniers mois avec la réalisation des travaux des Projets Djandro à Mohéli, GECEAU en Grande Comore et des avancées significatives pour la préparation des travaux prévus pour le projet Domoni à Anjouan. Par ailleurs à la demande du gouvernement des Comores, l’AFD a entamé en 2016 l’instruction d’un important programme de gouvernance sectorielle qui doit permettre d’améliorer sensiblement l’organisation du secteur de l’eau potable aux Comores.

Dans le secteur privé /Secteur financier, il faut noter un élément particulièrement marquant au cours des derniers mois, à savoir l’Instruction d’un nouveau projet en vue d’appuyer le financement du tissu productif comorien et de renforcer l’inclusion financière sur les trois îles, avec une étude de faisabilité lancée en novembre 2015 à hauteur de 4 millions d’euros.

Depuis Octobre 2015, l’ensemble de notre action aux Comores s’inscrit aujourd’hui dans le cadre de la stratégie conjointe de coopération Union Européenne-France pour l’Union des Comores couvrant la période 2014-2020. Cette stratégie conjointe - en cours dans 14 pays pilotes et aux Comores, alignée sur la SCADD, est alimentée d’une dotation prévisionnelle de 135 millions d’euros.

L’Ambassade de France, c’est un appui soutenu à la société civile et aux autorités locales, acteurs essentiels pour le développement d’un pays comme les Comores ; nous avons pu, via 3 programmes de subventions (le Fonds Social de Développement, le Programme Franco-Japonais de Développement Durable et le Programme Franco-Comorien de Co-développement), financer 40 projets à hauteur de 740,000 Euros depuis l’été dernier, sur des secteurs aussi variés que l’appui à la gouvernance locale, l’agriculture durable, la préservation des sites du patrimoine historique et naturel de l’Archipel, la santé, l’eau et l’assainissement, (ces 3 secteurs en complément de l’AFD) mais aussi la formation professionnelle, la création d’activités génératrices de revenus, la culture… Si ces programmes sont aujourd’hui en fin d’exécution, notre service de coopération continuera à travailler pour renforcer les liens forts que nous avons su créer au fil des années.

Nous poursuivrons nos actions en faveur des droits de l’Homme au sens large, ainsi que nous avons pu le faire au cours de l’année écoulée, en proposant à nos partenaires comoriens un travail de fond sur les mariages précoces et sur les violences faites aux femmes et aux mineurs. Nous sommes également soucieux d’appuyer les médias dans leur rôle de relais de libre expression des citoyens comoriens, et nous avons inauguré cette année une licence professionnelle de journalisme à l’Université des Comores.

Nous continuerons à promouvoir l’excellence, en permettant à des candidats de qualité de suivre des cursus au sein des meilleures écoles françaises ; chaque année ce sont plusieurs dizaines de boursiers qui voient leurs efforts récompensés par un soutien de l’Ambassade à leur mobilité, au sein d’institutions de prestige telles l’ENA ou l’Ecole nationale des finances publiques.

En matière de coopération dans le domaine de la justice et de la sécurité, la France est consciente des menaces qui pèsent sur l’Union des Comores et les départements français de l’Océan Indien notamment dans le domaine de la criminalité organisée.
La défense des intérêts des Comores, comme de la France, passe donc par le développement d’une coopération soutenue en parfaite cohérence avec les orientations de la COI.

Cette coopération est tout d’abord structurelle :

En 2016 six actions sont planifiées, pour certaines dans un cadre régional, pour un budget global prévisionnel de 35 000 euros. Ces actions vont permettre de renforcer les compétences des personnels de la gendarmerie et des services comoriens dédiés au renseignement dans des domaines aussi variés que la police judiciaire, l’intervention professionnelle, la maintenance des motocyclettes, les techniques de filature de contre-terrorisme.

Cette coopération est ensuite opérationnelle : elle s’exprime au travers des échanges quotidiens qui existent entre le service de sécurité intérieure de l’ambassade et les forces de sécurité des Comores. Elle s’exprime ensuite à l’AIMPSI dans le domaine très global de la sureté aéroportuaire avec la présence, en qualité de conseiller, d’un commandant de police français expert technique international sûreté/immigration.

Cette coopération multisectorielle, nous souhaitons l’approfondir et accompagner le nouveau Président de l’Union des Comores dans sa volonté de faire de son pays -comme il l’a déclaré dans son discours d’investiture-, un nouvel émergent. Je réitère mes félicitations au Président Azali ainsi qu’à tous les candidats de l’élection présidentielle et à la classe politique dans son ensemble pour la maturité et l’esprit de responsabilité dont ils ont fait preuve lors du processus électoral. Je lance un appel aux forces vives de la nation comorienne, à la diaspora et aux partenaires internationaux pour que tous ensemble, nous nous mobilisions pour le seul objectif qui compte : le développement de l’union des Comores.
Mes chers amis, mes chers compatriotes,

Je voudrais conclure mon allocution en souhaitant une excellente fête aux Françaises et aux Français vivant aux Comores ainsi qu’à nos compatriotes de la diaspora comorienne vivant en France hexagonale et d’outre-mer et en rappelant ces mots à méditer du Prix Nobel de la paix, Ferdinand Buisson :
Un Français n’est pas seulement un homme né en France, c’est un homme né de la France, qui a l’esprit formé de son esprit et qui a appris d’elle, à regarder toujours plus haut, à vouloir toujours plus de lumière, toujours plus de raison, toujours plus de fraternité. La France c’est une idée qui s’est faite nation, c’est une nation qui s’est forgée elle-même. On ne lui est pas complètement fidèle si on ne croit pas à l’idéal qu’elle s’est donné au prix de tant de siècles de souffrances.

Vive l’amitié franco-comorienne.
Vive la République
Vive la France. »

Veuillez trouver ci-dessous le discours de l’Ambassadeur en version PDF :

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Dernière modification : 18/07/2016

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