Histoire : Hommage aux combattants comoriens de l’armée coloniale française lors des deux conflits mondiaux

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Lors d’une cérémonie officielle organisée le 30 novembre 2011 à la Présidence de la République, l’Ambassadeur de France auprès de l’Union des Comores, M. Philippe Lacoste, a remis au Directeur de Cabinet, chargé de la Défense, M. Mmadi Ali, les copies exactes de deux fanions de bataillons de « tirailleurs sénégalais » ayant combattu pour la France pendant la Première Guerre Mondiale, avec des soldats comoriens dans leurs rangs.

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Les fanions, qui ont été remis en présence de l’adjoint au Chef D’Etat Major et de soldats de l’AND, sont ceux des bataillons somalis et malgaches dans lesquels les soldats comoriens étaient répartis pour combattre sous le drapeau français. Ces bataillons se sont particulièrement illustrés au cours des deux conflits mondiaux, comme l’illustrent d’ailleurs les décorations qui figurent sur les fanions (notamment la Croix de Guerre, la plus haute distinction militaire) et les noms des batailles auxquels ces bataillons ont participé (ces dernières sont mentionnées au dos des fanions, cf. photographies).

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Dans les discours qu’ils ont prononcés à cette occasion, l’Ambassadeur de France et le Directeur de Cabinet ont insisté sur l’importance de la perpétuation du souvenir et de la mémoire pour les générations à venir, afin que l’histoire passée rapproche les générations, contribue à la construction de l’identité collective et éclaire l’avenir. M. Mmadi Ali a d’ailleurs exprimé le souhait qu’un musée de l’armée comorienne soit créé, où pourraient être présentés les fanions et les multiples documents remis par la France.

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Cette cérémonie se déroulait à l’occasion de la venue sur l’archipel de deux spécialistes de l’histoire coloniale française : M. Eric Deroo, historien, cinéaste et chercheur français associé au CNRS, et le lieutenant-colonel Antoine Champeaux, docteur en histoire et conservateur du Musée des Troupes de Marine à Fréjus. Les deux historiens étaient venus inaugurer à l’Alliance Franco-Comorienne leur exposition intitulée « Force noire » qui retrace l’histoire des soldats de l’Empire coloniale français de 1857 à 2010. Ils ont également tenu des conférences à l’Alliance Franco-Comorienne, à l’Ecole Française et au CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique) afin d’échanger avec les différentes générations comoriennes sur cette partie de l’histoire commune entre la France et les Comores. De nombreux anciens combattants de l’armée française (lors des guerres d’Indochine et d’Algérie notamment) ont ainsi assisté à ces échanges.

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Ces évènements ont été réalisés à l’initiative du ministère français de la défense (Secrétariat Général de l’Administration), du Département de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives (DPMA) et de l’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la défense (ECPAD), en collaboration avec les autorités comoriennes et notamment l’Attaché de Défense de l’Ambassade de l’Union des Comores à Paris.

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Ils permettent finalement de rappeler la contribution essentielle de l’Empire colonial français à l’effort de guerre, dans le cadre des multiples conflits auxquels la France a participé durant les deux derniers siècles. Ces colonies françaises ont non seulement fourni des soldats pour le front, mais elles ont aussi envoyé des travailleurs pour venir remplacer les hommes de métropole, mobilisés par les conflits. Enfin, les économies des colonies françaises ont également été mises à contribution.

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Les tirailleurs sénégalais

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Les soldats recrutés en Afrique et à Madagascar sont appelés initialement en fonction de leur région d’origine : tirailleurs sénégalais, haoussas, gabonais, malgaches, somalis… On utilise même pendant quelques années l’expression « tirailleurs coloniaux ».

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Dans la pratique, c’est l’appellation générique « tirailleurs sénégalais » qui s’impose à tous, le Sénégal étant le premier pays ayant fourni des soldats, à l’initiative de Faidherbe, en 1857.

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Quant au terme « tirailleur », il n’est pas péjoratif et désigne à l’origine un « combattant doté d’une certaine liberté de manœuvre qui tire en dehors du rang » (l’équivalent d’un commando aujourd’hui). Il s’applique indifféremment à des soldats servant comme fantassins, cavaliers, artilleurs, ou même encore comme conducteurs, infirmiers, ouvriers des bataillons d’étape.

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Pour plus d’informations sur l’histoire de cette Force noire, nous vous invitons à vous procurer l’ouvrage La Force noire : Gloire et infortunes d’une légende coloniale , écrit par M. Eric Deroo et le Lieutenant-Colonel Antoine Champeaux, et publié aux Editions Tallandier.

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Vous pouvez également consulter les journaux de marche de ces bataillons sur le Site Internet « Mémoire des hommes » : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

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Dernière modification : 01/12/2011

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