Journée internationale de la lutte contre les violences faites aux femmes : discours de Mme Laurence ARNOUX, Conseillère de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France

Retrouvez le discours de Mme Laurence ARNOUX, Conseillère de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France auprès de l’Union des Comores, prononcé le 25 novembre 2016 à l’occasion de la journée internationale de lutte contre la violence faites aux femmes à Anjouan :

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Mme. Laurence Arnoux lors de son discours, prononcé à l’occasion de la journée internationale de la lutte contre les violences faites aux femmes. © Service de Presse de l’Ambassade de France aux Comores

« Monsieur le Vice-Président de l’Union des Comores
M. le Directeur de cabinet à la Présidence,
M. le Ministre de la Santé, de la Solidarité nationale et de la Promotion du Genre,
Mme la Commissaire en charge de la Promotion du Genre,
M. le Gouverneur de l’île Autonome de Ngazidja,
M. le Maire de Mutsamudu,
Mesdames et messieurs les Commissaires,
Mesdames et Messieurs les représentants du Système des Nations Unies,
Mesdames et Messieurs,

C’est un honneur pour moi de me trouver dans cette enceinte aujourd’hui pour cette Journée Internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Si cette journée constitue un symbole dans le monde entier, elle est particulièrement importante ici en Union des Comores, ici à Anjouan car nous savons tous que les violences faites aux femmes et aux enfants se multiplient, voire s’aggravent. Elles demeurent trop souvent entourées par le silence, par l’absence de défense des droits des femmes et par l’impunité chronique pour les auteurs de ces violences. Mercredi encore, à la Une du journal Al-Watwan, nous pouvions lire que les agressions sexuelles sur les enfants comptent une centaine de cas recensés à Ngazidja entre janvier et octobre 2016.

Chaque année, le 25 novembre, nous nous réunissons pour mener ce plaidoyer tous ensemble. Mais force est de constater que ce plaidoyer ne suffit pas : il faudrait un 25 novembre tous les jours pour faire prendre conscience à tous des conséquences désastreuses de ces violences sur le devenir de ces jeunes filles, dont le développement physique, mental, sexuel, ne pourra pas s’épanouir tant qu’elles demeureront à la merci des plus bas instincts.

Dans cette lutte, il est important de rendre hommage aux efforts mis en place par la Direction nationale pour la Promotion du Genre, par les Commissariats à la Santé et à l’Education, mais aussi par tous les acteurs de la société civile : la plateforme Subuti Wambe, les cellules d’écoute, l’ASCOBEF, les ONG telles que Femmes en mouvement, le réseau Femmes et Développement ou Hifadhu.

Le travail de fond réalisé par l’ensemble de ces acteurs permet à ces femmes de pouvoir exprimer leur douleur, leur souffrance, parfois leur désarroi face à l’absence d’alternative.

Ce travail est nécessaire, essentielmême, mais il n’est pas suffisant. Pour endiguer ce fléau, pour pouvoir l’éradiquer dans le futur, il est fondamental qu’il puisse être associé à une solide politique publique de lutte contre les violences. Une solide politique publique qui assure les campagnes de sensibilisation indispensables sur ce sujet, qui conscientise un large public sur les conséquences de ces violences et leur prévention, qui permette une réelle prise en charge des femmes qui osent venir dénoncer leur agresseur, qui garantisse une qualification adaptée des actes et une justice exemplaire pour mettre fin à l’impunité et aux arrangements de convenance.

C’est dans ce sens que nous avons appuyé la Direction nationale de la Promotion du genre depuis plus d’un an. D’abord par la création d’un reportage photographique sur les mariages précoces et forcés à travers l’exposition « Wana watiti » - présente aujourd’hui dans cette salle- puis à travers un appui technique pour aboutir à la feuille de route nationale contre les violences faites aux femmes et aux mineurs que vient de présenter devant vous Mme la Commissaire. On peut donc espérer une amélioration notoire de la situation à partir de 2017. Je voudrais aussi vous assurer du soutien de la Coopération française et de l’Union européenne pour appuyer la mise en œuvre de cette feuille de route aux côtés de la DNPG, du système des Nations Unies, en particulier du FNUAP et de l’UNICEF.

J’appelle de mes vœux une coordination efficace sur cette question au niveau des partenaires techniques et financiers afin que les efforts du gouvernement portent leurs fruits. Le chemin est encore long mais chaque fois qu’une étape est franchie, c’est un grand pas en avant pour les victimes et un espoir qui se renforce.
Merci à tous. »

Dernière modification : 05/12/2016

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