L’action d’Initiative Développement pour favoriser un développement durable et une bonne gouvernance aux Comores

Initiative Développement (ID) est une ONG internationale active aux Comores. Elle y intervient depuis 1996 pour remettre en état les services élémentaires de santé, permettre l’accès et la gestion durable de l’eau potable, assurer l’accès à l’éducation primaire, lutter contre la déforestation et pour l’accès à l’énergie ou accompagner le processus de décentralisation. Sa connaissance du contexte et des réseaux, ses liens avec la population en fait un partenaire privilégié pour l’Agence française de Développement (AFD).

Quatre projets, financés par l’AFD, sont actuellement en cours :

Projet PASCO (Programme d’appui au secteur de la santé aux Comores)

Ce projet, mené à Anjouan et Mohéli, vise à relancer les services de santé de base en réhabilitant les locaux, en formant le personnel, en mettant à disposition du matériel, des fournitures et des médicaments essentiels. Ce projet s’adresse aux 337 000 habitants des deux îles et est mené en partenariat avec l’association comorienne CAP et l’ONG Santé SUD.

Projet DJANDRO (projet d’approvisionnement en eau potable de la région du Djandro)

Ce projet vise à garantir un accès à l’eau potable à 11 villages sur 23 que compte l’île de Mohéli et à organiser le service public de l’eau, afin d’assurer un accès durable à la ressource et de permettre la pérennité du projet. Le projet est mis en œuvre en partenariat avec le bureau d’étude EGIS et en appui à l’Union des Comités de l’Eau de Mohéli. Il bénéficiera à 10 000 personnes.

Projet DAFE (Diffusion d’unités de distillation à foyer économe)

L’huile essentielle d’ylang-ylang est une ressource importante pour les Comores, premier producteur mondial. Cette activité est également responsable de 10% de la déforestation. L’approvisionnement en bois, toujours plus coûteux, pèse sur les revenus des petits producteurs. La filière est aujourd’hui menacée. Le projet vise à réduire la consommation de bois grâce à des unités de distillation plus économes, et à structurer et améliorer les revenus des petits producteurs. L’ensemble permettra de rendre cette activité économique plus durable. Le projet est appuyé techniquement par le bureau d’étude ENEA Consulting. Le projet bénéficiera à au moins 200 petits producteurs-distillateurs et indirectement à l’ensemble des acteurs impliqués dans la filière (notamment les cueilleuses).

Projet "Mayendeleyo ya mikowani" (projet d’appui au développement local)

ID accompagne techniquement l’association comorienne Maeecha autour de l’appui au développement local des deux communes de Mitsamiouli et de Nyumakomo dans le nord de Grande Comore. Le projet s’inscrit dans le récent processus de décentralisation, en accompagnant les élus dans une meilleure compréhension et maîtrise de leur fonction ainsi que dans la mise en œuvre de projets communautaires. Près de 20 000 personnes bénéficieront de cette action.

Projet PASCO

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Poste de santé Bimbini (Dounia Boujahma)

Le projet PASCO a démarré en janvier 2010 pour une durée de 4 ans dans le cadre d’une contractualisation directe avec le Ministère comorien de la santé. Le projet vise à améliorer l’accès et la qualité des services de santé à Anjouan et Mohéli. Ce projet d’ampleur, puisqu’il s’adresse à la population des deux îles, propose une approche globale qui permet d’agir sur l’ensemble des leviers (formation, financement des structures sanitaires, investissements, sensibilisation des populations) et avec tous les acteurs concernés : les Directions Régionales de la santé des 2 îles, les équipes sanitaires et la population… Le PASCO est conduit en consortium avec l’ONG française Santé Sud et l’ONG comorienne CAP qui interviennent respectivement dans le domaine des projets d’établissements et dans l’éducation à la santé auprès des communautés.

Les activités du projet portent sur :

■ La mise en place et le financement de contrats basés sur la performance avec les centres de santé : ceux-ci sont désormais rémunérés sur la base de critères de performance qui ciblent le volume et la qualité des services de santé de la reproduction (planning familial, grossesse, accouchement)

■ En parallèle, les équipes de chaque centre identifient les axes de professionnalisation à mettre en œuvre (formation du personnel, amélioration de l’organisation, de la gestion du centre, etc) dans le cadre projets d’établissement portés auprès du Ministère.

■ La mise en œuvre d’activités de sensibilisation destinées à amener les femmes à se faire suivre médicalement : causeries, représentations théâtrales, etc.

■ Le renforcement des Directions Régionales de la Santé d’Anjouan et de Mohéli, dans leurs capacités d’encadrement et de suivi des centres.

■ Des réhabilitations de base (hygiène, eau, électricité), la fourniture d’équipements et de dotations en médicaments et consommables.

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Poste de santé Mahalé (Dounia Boujahma)

Projet DJANDRO

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Puits Kangani (photo Nicolas Cadot)

Le projet d’approvisionnement en eau potable de la région de Djandro et de Moimbao vise à améliorer les conditions de vie et de santé des populations de l’île de Mohéli à travers l’amélioration du taux d’accès à l’eau potable de 11 villages. Ce projet est mis en œuvre en partenariat avec EGIS et en appui à l’Union des Comités de l’Eau de Mohéli. Les actions portent sur :

■ La construction d’ouvrages hydrauliques : réhabilitation d’ouvrages existants (captages, réservoirs) et la construction de nouveaux, la mise en place de systèmes de filtration et de chloration des eaux brutes et l’installation de compteurs afin de réduire le gaspillage et permettre une meilleure gestion du service, passant entre autre par la facturation au volume (suite au constat d’échec de plusieurs années de facturation forfaitaire).

■ La sensibilisation des villageois sur l’hygiène de l’eau et le paiement du service d’approvisionnement en eau.

■ L’émergence et la structuration du service public de l’eau garant de la bonne gestion des infrastructures et de la ressource : structuration et formation d’associations d’usagers de l’eau villageoises, recrutement d’exploitant pour gérer le service, renforcement des capacités de l’UCEM pour le suivi de la gestion.

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Pompe à motricité humaine Wanani (photo Nicolas Cadot)

Projet DAFE

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Coupe de bois coop distillateurs de Mramvovo (photo Adrien Brandon)

Avec une production annuelle de plus de 50 tonnes dont 90% vient de l’île d’Anjouan, l’Union des Comores est le premier producteur mondial d’huile essentielle d’Ylang-Ylang et couvre plus de 60 % des besoins du marché mondial. Principale richesse du pays, cette production est responsable de 10% de la déforestation nationale, qui est la quatrième la plus rapide au monde. Cela a de graves conséquences sur les conditions de vie et l’environnement à Anjouan.

Les alambics traditionnels fonctionnent avec des foyers très rustiques et très consommateurs en bois : pour produire 3 kilos d’huile essentielle, une tonne de bois est nécessaire. L’activité de distillation d’ylang-ylang est elle-même menacée par la déforestation à laquelle elle contribue. « Pendant la saison de production de fleurs, les alambics tournent beaucoup et le bois devient vraiment difficile à trouver… nous devons souvent utiliser du bois vert, qui ne brûle pas bien » explique Ahmed Chanfi, distillateur à Mromadji.

Démarré en avril 2013 pour une durée de 3 ans, le projet DAFE (Diffusion d’unités de distillation à foyer économe) vise principalement à améliorer les pratiques de distillation sur l’île d’Anjouan. Il s’agit de les rendre plus durables et plus efficaces énergétiquement, en réduisant la pression sur le bois. L’objectif fort est donc de mettre au point, expérimenter et diffuser 30 unités de distillation à foyer économe répondant aux besoins des producteurs-distillateurs. Chaque unité va permettre une économie d’énergie d’environ 25% et représente un coût de 5000 / 6000€, soit environ 600€ par producteur-distillateur. De plus, le projet appuiera les distillateurs pour les aider à améliorer la qualité des huiles essentielles et leurs permettre d’augmenter ainsi leurs revenus.

Depuis mai, différents suivis de distillation ont été réalisés. Début juillet, la société de conseil ENEA consulting, a réalisé une mission qui a permis de mieux cibler les choix techniques pour la conception de prototypes. Les expérimentations sont actuellement en cours de lancement sur 3 sites. En outre, le projet réfléchira aussi à l’utilisation d’énergies alternatives renouvelables, et à la possibilité de gestion durable du bois. Pour Adrien Brandon, responsable du projet, « la baisse des dépenses liées à l’achat de bois et l’amélioration de la qualité permettront d’augmenter les marges des producteurs-distillateurs »

Le projet prévoit d’appuyer et de structurer 15 à 20 groupements. Ils seront formés à l’entretien des alambics et encouragés à diffuser leur savoir-faire.
Par ailleurs, le projet contribuera à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les crédits carbone obtenus permettront d’étendre le projet et de contribuer au financement des équipements. Les crédits carbone seront certifiés par Gold Standard, avec qui ID travaille depuis 5 années. Cela va contribuer à la pérennisation de la filière. Dans la même logique, un projet forestier sera élaboré pour mieux prendre en compte la gestion durable de la ressource en bois.

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Remplissage col de cygne coop distillateurs Mramvovo (photo Adrien Brandon)

Projet Développement local

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Banderole formation OSC-PME Nyumakomo (photo Yannis Benamou)

ID apporte une assistance technique au programme « Mayendeleyo ya mikowani » (soit « le développement des collectivités locales »), mis en œuvre par l’ONG comorienne MAEECHA, déjà reconnue dans le domaine de l’éducation. Démarré début 2013 pour une durée de 3 ans, ce programme concerne les 2 communes de Mitsamiouli et Nyumakomo, au Nord de Grande Comore. Il est une composante d’une Convention Programme Développement Local AFD qui concerne 15 collectivités de 5 des 7 pays d’intervention d’ID.
Le programme accompagne le récent processus de décentralisation des Comores, encore marqué par des difficultés et incertitudes, avec des élus de transition et une répartition des compétences insuffisamment claire, le cadre juridique et institutionnel restant à terminer. Pour Lamiat Saïd Hassane, responsable du programme, « le premier problème est que le processus de décentralisation tel qu’il a été pensé n’est pas assez adapté à notre réalité…il est également important que les élections locales viennent vite et soient réellement démocratiques ». La gouvernance des mairies, la consolidation des dynamiques de développement local et de démocratie participative, seront plus particulièrement appuyées.
En juin et juillet, des formations sur les principes de la décentralisation et du développement local ont été organisées pour les élus, les associations et les petits entrepreneurs. Les notables et des représentants de la diaspora ont également été sensibilisés sur ces notions. Ces activités ont entre autres permis d’échanger sur la situation actuelle des communes et la stratégie du programme.
Des cadres de concertation multi-acteurs vont être mis en place en août lors d’assemblées générales communales, afin de renforcer et structurer la concertation entre acteurs locaux, actuellement ponctuelle et limitée. Ces cadres vont permettre aux élus d’avoir un bon relai auprès de la société civile pour mettre en œuvre des projets, informer et mobiliser les populations.
A partir de septembre, le programme va appuyer l’élaboration de plans de développement locaux (PDL), puis leur mise en œuvre, en coordination avec les initiatives déjà existantes. Des fonds de développement local seront mis en place pour mobiliser et gérer efficacement les financements des différents acteurs locaux et extérieurs. Il s’agira aussi à travers ces PDL d’apporter de premières compétences aux mairies en maîtrise d’ouvrage communale et gestion de services, et de parvenir à créer de nouvelles ressources financières locales.
Lors d’une discussion autour de la convention de partenariat en cours de signature avec MAEECHA, les membres du bureau communal de la mairie de Mitsamiouli ont dit : « la formation des élus, l’appui à l’élaboration et à la promotion du PDL sont nos plus fortes attentes envers le programme ». Les mairies ont donc de réelles attentes, et une position d’ouverture et de confiance puisqu’elles ont aussi accepté d’être accompagnées dans leur fonctionnement interne.

Enfin, étant donné la faible connaissance de la décentralisation et l’intérêt de faire émerger une identité communale, des actions d’éducation citoyenne pour les populations et la jeunesse vont démarrer très bientôt.

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Formation élus Mitsamiouli (photo Abdoulkarim Ahmed)

Pour plus d’informations sur les actions d’ID : www.id-ong.org

Dernière modification : 05/08/2013

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