La France et les Comores à la conférence de RIO

Aujourd’hui, mercredi 20 juin la Conférence des Nations Unies sur le développement durable ouvre ses portes au Brésil. Baptisé RIO+20, celle-ci est l’occasion pour tous les dirigeants des pays membres des Nations Unies de se retrouver pendant deux jours afin de prendre des engagements décisifs pour le développement durable, autrement dit pour l’avenir de la planète.

Cet événement majeur auquel sont présents le président de l’Union des Comores, le Docteur Ikililou Dhoinine, ainsi que le président de la république française, François Hollande, permet au pays présents de s’engager sur une feuille de route concernant plusieurs enjeux importants.

Les thèmes abordés durant ces deux jours seront nombreux et chaque pays devra s’engager sur la voie du développement durable grâce à la réalisation d’objectifs concernant les neuf domaines suivant :

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La biodiversité :

Partout sur la planète, la biodiversité est menacée par les activités humaines. Les Etats Parties à la Convention sur la diversité biologique se sont donné une stratégie pour enrayer cette dégradation. Le Sommet de Rio+20 doit être l’occasion de proposer des voies pour avancer dans ce sens. Il s’agit notamment de la protection des forêts sur un plan international.

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La résilience aux catastrophes naturelles :

Les risques et le coût des catastrophes naturelles se sont fortement accrus au cours des dernières années, notamment du fait du changement climatique. Issue de la question humanitaire, la prévention des risques s’inscrit dans une logique de développement durable, en tentant de réduire les conséquences économiques, sociales et environnementales d’un développement parfois imprudent et irréfléchi.

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Le développement humain :

La déclaration de Rio de 1992 souligne la dimension sociale du développement durable : "Les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature". Le volet social constitue en outre l’un des 3 piliers du développement durable.

Pour renforcer la dimension sociale du développement durable, la conférence de Rio+20 devra contribuer à éliminer la pauvreté et l’injustice sociale.

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L’eau et d’assainissement :

La communauté internationale doit renouveler, à Rio, ses engagements concernant l’eau et l’assainissement. Alors que l’accès universel à l’eau potable reste un défi pour lutter contre la pauvreté, les pressions démographiques, économiques et climatiques affectent les ressources en eau, en qualité et en quantité.

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L’économie verte et inclusive (ou équitable) :

À l’heure où les périls auxquels doivent faire face l’homme et la nature s’aggravent chaque jour, il nous faut rechercher les voies d’un développement durable pour l’ensemble de la planète. C’est la raison pour laquelle le premier défi de Rio+20 sera d’initier la transition vers une économie verte et inclusive.
Cette économie verte et inclusive doit à la fois concilier croissance économique, progrès sociaux et réponse aux grands défis environnementaux, et mieux intégrer les trois piliers du développement durable : l’environnemental, l’économique et le social.

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L’énergie :

L’énergie est au cœur des problématiques de développement humain, social, économique et durable. L’accès à des sources sûres et durables d’énergie est une condition indispensable pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement. Cette dimension doit être davantage prise en compte par la communauté internationale dans le cadre de Rio +20. L’adoption d’un objectif de développement durable "énergie" peut y contribuer. L’appui renforcé à l’accès à des services énergétiques innovants, fiables et abordables, aux énergies renouvelables ainsi qu’à l’efficacité énergétique est un facteur déterminant pour la croissance verte.

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Les financements innovants pour le développement :

Les financements innovants pour le développement (FID) sont nés d’un constat. Les sommes allouées par les États au titre de l’aide publique au développement (APD) ne seront pas suffisantes pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement. Évoqués pour la première fois à la Conférence des Nations unies sur le financement du développement de Monterrey (2002), ils sont reconnus depuis comme des mécanismes plus stables, plus prévisibles et plus pérennes permettant de générer des ressources complémentaires à l’APD traditionnelle.
À ce jour, les financements innovants mis en place ont d’ores et déjà permis de mobiliser près de six milliards de dollars de financements complémentaires, stables et prévisibles.
La conférence de Rio+20 devrait être l’occasion de poursuivre le débat onusien sur ce thème.

La gouvernance :

Pour doter le développement durable d’un socle solide et pérenne pour affronter les défis futurs, il est essentiel d’arriver à un résultat ambitieux sur le cadre institutionnel du développement durable, l’un des deux thèmes officiels de Rio+20.
En effet, les piliers social, économique et environnemental du développement durable sont complémentaires mais le cadre institutionnel existant peine à mettre en œuvre les synergies nécessaires.
Le pilier environnemental est trop faible, il est donc indispensable de le doter d’une capacité d’impulsion politique et de pilotage à la hauteur des enjeux.

La sécurité alimentaire :

La conférence de Rio+20 doit ouvrir la voie à une meilleure prise en compte de la sécurité alimentaire et de la nutrition mondiale par la communauté internationale. Un défi majeur doit être relevé : il s’agit de nourrir une population de neuf milliards de personnes en 2050 dans un contexte rendu plus difficile par le changement climatique et l’évolution des habitudes alimentaires.

Les villes et territoires durables :

La ville durable, enjeu global majeur des prochaines décennies, constitue un thème émergent de la Conférence de Rio+20. En 2030, les citadins seront près de 5 milliards, soit 60% de la population ; en 2050, sans doute 6 milliards. Cette forte croissance urbaine proviendra à 95% des pays en développement. Pour relever le double défi, environnemental et de gouvernance, il est nécessaire d’accompagner un développement urbain inclusif permettant à la fois de contenir un processus de fragmentation sociale et spatiale et l’extension des bidonvilles, et de réduire au maximum l’empreinte écologique de ces villes. En effet, elles consomment déjà 70% de l’énergie mondiale et émettent 70% des gaz à effet de serre.

Dernière modification : 20/06/2012

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