La coopération décentralisée en marche aux Comores

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Quand les élus français rencontrent leurs homologues comoriens, entretien avec M. Hamidou Bourhane, Président de l’Assemblée de l’Union des Comores

Du 21 au 24 mai 2013, les représentants de trois collectivités territoriales françaises ont séjourné à Moroni pour approfondir leur politique de coopération décentralisée avec la Grande Comore.
Élus et techniciens de la commune et de la Communauté Urbaine de Dunkerque, du Conseil Général de la Seine Saint Denis et de la Courneuve, conduits respectivement par le Sénateur Maire de Dunkerque, Président de la Communauté Urbaine et Président de Cités Unies France, M. Michel Delebarre, le Président du Conseil Général de la Seine Saint Denis, M. Stéphane Troussel, et par le Maire de la Courneuve, M. Gilles Poux ont pu s’entretenir avec les institutions comoriennes des axes de coopération à mettre en œuvre.

Des séances thématiques ont été organisées sur les déchets, l’eau et l’assainissement, la formation des secrétaires généraux et le processus de décentralisation, lors desquelles partenaires et bénéficiaires ont pu s’exprimer sur leurs attentes réciproques, afin de mettre en œuvre une coopération efficace et pérenne.

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Photo de famille des participants à la réunion du groupe de travail France/ Comores de Cités Unies France, acteurs de la coopération décentralisée

Une séance du groupe de travail France/Comores de "Cités Unies France", présidée par M. Jean-Charles Nègre, Vice président du Conseil Général de la Seine Saint Denis, s’est également tenue au palais de Mrodjou, en présence de maires de la Grande Comore. Les participants ont convenu de se rencontrer à nouveau à Paris, à partir de septembre prochain, afin d’initier l’organisation d’assises de la coopération décentralisée franco-comorienne. Cet évènement de grande ampleur devrait voir le jour en 2014 dans l’archipel, et concernerait les trois iles.

Sur le sol comorien, chaque délégation a pu déployer un programme personnalisé de visites de terrain, et rencontrer les communautés liées avec leurs diasporas dans les territoires français représentés. La mobilisation populaire a été effective, et les représentants des collectivités y ont tous été particulièrement sensibles.

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Visite de Stéphane Troussel à l’Ecole de Médecine rattachée à l’Université des Comores, en présence de l’Ambassadeur de France

Le Président du Conseil général de Seine Saint Denis s’est ainsi rendu à Ntsudjini pour la présentation du projet d’informatisation et d’électrification de la mairie, par la pose de panneaux solaires. M. Stéphane Troussel a également visité l’école de médecine de Moroni en présence M. et Mme l’Ambassadeur de France, le Président de l’Université et le Directeur de l’école. Cette école est en partenariat avec l’Université Paris XIII et héberge le projet de formation de 25 sages femmes initié par le Conseil Général pour l’amélioration de la santé maternelle et infantile.

Une partie de ces délégations a aussi pris part aux festivités marquant le deuxième anniversaire de l’installation du gouverneur, M Mouigni Baraka. La célébration a été marquée par la signature de la convention de coopération décentralisée entre le Président de la Communauté Urbaine de Dunkerque et le Gouverneur de la Grande Comore, suivie par la remise des clés d’un camion d’intervention de sapeurs pompiers, don de la collectivité dunkerquoise.

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Signature de la convention de coopération entre le Président de la Communauté Urbaine de Dunkerque et le Gouverneur de la Grande Comore

Cette initiative de partenariat est née de la volonté des autorités comoriennes à vouloir s’engager dans un processus de décentralisation visant à renforcer la démocratie participative et contribuer au développement local. Selon le gouvernorat de Grande Comore, l’aboutissement de cette convention doit beaucoup à la Communauté Urbaine de Dunkerque. En effet, les enfants issus des premiers travailleurs comoriens de la marine marchande, de l’industrie sidérurgique et la construction navale, savent user de leur double appartenance pour « lancer des ponts » entre Dunkerque et le pays d’origine.

« Nous avons eu des échanges fructueux et enrichissants : nos partenaires se sont engagés à nous soutenir pour ce qui est de la recherche des financements, et d’investissements dans le secteur de l’eau » a déclaré Mme Matain Abdoulafourou, Directrice de la coopération, avant d’ajouter : « nous avons des promesses fermes pour la formation des cadres des communes de la Grande Comore. »

JPEGM. Stéphane Troussel a, quant à lui, souligné les progrès visibles de l’archipel en matière de développement : « Pour nous, qui ne venons pas souvent, nous remarquons qu’il y a des changements positifs comme la rénovation et l’entretien des routes, la stabilité politique ou encore la construction de nouveaux bâtiments, à l’instar de la maison de l’emploi. Ce qui nous rend confiants par rapport à l’avenir et à notre coopération ».

JPEGSur le ton de la plaisanterie, M. Michel Delebarre a avoué aux journalistes qu’« Il y a moins de problèmes aux Comores que de trous sur la route qui mène à Mbéni ». Interrogé sur l’impression laissée par son premier séjour dans l’archipel, le Sénateur Maire de Dunkerque a qualifié la population comorienne de « Chaleureuse par son accueil, Politique dans sa manière d’appréhender les choses, et Volontaire dans la démarche de coopération qu’elle souhaite entreprendre ».

Manifestation tangible de solidarité entre la diaspora vivant en France et leurs proches restés au pays, la coopération décentralisée permet de soutenir les échanges économiques, sociaux et culturels entre les territoires de France et de l’Union des Comores, et de renforcer les liens d’amitiés qui unissent les deux pays.

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Qu’est-ce que la coopération décentralisée ?

En 1951 nait le concept de jumelage avec la création de l’association du Monde bilingue, fondée par Jean-Marie Bressand, figure de la Résistance. Dans le contexte de la réconciliation d’après-guerre, le jumelage tend à rapprocher les peuples et à construire l’Europe à partir de ce qui constitue la cellule de base : la commune.

Dès les années 1960, les « jumelages-coopération » apparaissent avec l’indépendance des pays africains, et l’émergence des pays en développement sur la scène internationale. Ces nouveaux partenariats associent donc au concept de paix celui de développement.

A partir de 1982, alors que la France engage le processus de décentralisation sur son territoire, les actions menées par les collectivités territoriales se renforcent. A la dimension solidarité s’ajoute une dimension d’appui au développement, et un intérêt pour le renforcement institutionnel.

Les collectivités sont des acteurs privilégiés de la coopération non gouvernementale, puisqu’elles ont l’avantage de posséder la légitimité du vote démocratique et l’obligation de traduire les attentes des citoyens. Elles possèdent en outre un savoir-faire indéniable en matière de développement local, qu’elles sont prête à partager avec les pays en développement.

Source : Pierre LAYE, La coopération décentralisée des collectivités territoriales, Éditions Territorial, 2011

Dernière modification : 06/06/2013

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