Le portrait de la Femme du mois

JPEG Bonjour, pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous présenter vos responsabilités ? Quels sont les 3 mots qui vous caractérisent le mieux ?

Bonjour, je m’appelle Valentine Eurin, j’ai 29 ans (plus pour très longtemps !) et je suis actuellement responsable de « l’Espace Campus France », engagée en qualité de volontaire internationale depuis le mois de mai 2011 pour une durée d’un an renouvelable, j’ai souhaité poursuivre mon contrat pour une seconde année tant pour l’intérêt de mes fonctions que pour la qualité de la vie en Union des Comores.
Les trois mots qui me définiraient d’un point de vue professionnel sont l’écoute, l’exigence et la proximité.
- L’écoute car ma première mission est d’accueillir du public, d’être attentive aux discours des étudiants, des familles et des professionnels.
- L’exigence car un projet de poursuite d’études en France doit être réfléchi et cohérent, nous attendons des étudiants une motivation personnelle et qu’ils entreprennent les démarches nécessaires à l’aboutissement de leur projet.
- La proximité, enfin, car l’Espace Campus France est un lieu ouvert, et nous souhaitons être présentes à toutes les étapes du projet de l’étudiant et développer ainsi une relation de conseils.

En quoi consistent vos activités ? Quel est votre principal objectif ?

L’Espace Campus France est avant tout un service d’orientation ; il n’existe malheureusement pas d’autres cellule de ce type en Union des Comores et nous nous efforçons avec ma collègue Firdaush Korimboccus, qui nous a récemment rejoints, de veiller à ce que les étudiants désireux de poursuivre leurs études en France, nous consultent le plus en amont possible afin de les aider à construire leur projet.

Nous accueillons les étudiants et leurs familles, écoutons leurs souhaits et nous essayons de construire un projet d’études et professionnel à partir de ces besoins exprimés.

Nous nous assurons également que le projet de l’étudiant corresponde aux axes de la coopération franco-comorienne. Dans le cadre d’une étroite collaboration avec le MENARC et l’Université des Comores, nous favorisons les formations qui ne sont pas dispensées en Union des Comores et nous nous assurons que les étudiants aient un très bon niveau de français. Notre emplacement au sein de l’Alliance franco-comorienne de Moroni est, à cet égard, très utile pour les étudiants qui doivent suivre des cours de français dans le cadre de leur préparation à une poursuite d’études en France.

D’une façon générale, quel rôle, selon vous, les femmes doivent-elles aujourd’hui jouer pour le développement de leur pays ?

Je ne pense pas qu’il faille adosser aux femmes un rôle particulier. La stigmatisation qui est très souvent faite par l’intermédiaire de journées particulières, de statistiques,… représente pour moi les prémices d’un enfermement dans un sillon qu’on voudrait creuser à leur place. Chaque femme doit trouver sa place dans la société dans laquelle elle évolue conformément à ses désirs.

Quelles difficultés et quels problèmes existent à l’heure actuelle dans la société dans laquelle vous évoluez, en matière d’égalité femme-homme ?

Le premier constat que je dresse est que la société comorienne est en pleine mutation : dans le cadre de mes fonctions je côtoie de nombreuses femmes comoriennes qui exercent des postes à responsabilité et si la parité n’est pas encore une réalité dans les plus hautes sphères de l’État, leur place est de plus en plus prépondérante. A l’Espace Campus France, les jeunes femmes sont souvent très motivées. Elles rencontrent parfois des difficultés dans leur scolarité mais elles ne sous-évaluent pas leurs capacités, elles développent souvent des ambitions élevées, elles sont combatives.

Par ailleurs, de nombreuses situations révoltantes persistent mais je pense que c’est aux femmes comoriennes d’évoquer leurs difficultés et leurs problèmes, afin de les surpasser.
L’interprétation que je pourrais faire de ces difficultés est déformée par le regard que je porte sur cette culture : je perçois la société comorienne à travers le prisme de ma propre culture et je ne connais pas suffisamment les codes de la culture comorienne pour me permettre de porter un jugement. Bien sûr qu’il y a des comportements universellement condamnables mais j’entends par là que le changement doit être intrinsèque. Les femmes comoriennes ont le droit de respecter un code de société que je pourrais trouver inégal et donc injuste.

Quel rôle la France peut-elle alors jouer dans l’amélioration de la place et du rôle des femmes ? En France ? Aux Comores ?

La politique de coopération mise en œuvre par la France, en partenariat avec les instances locales, favorise l’éducation des femmes en leur permettant de poursuivre des formations en France, qui ne sont pas dispensées en Union des Comores, tant par l’inexistence de cette discipline que par l’absence des niveaux supérieurs.
A l’Espace Campus France, nous sommes particulièrement attentives à favoriser l’éducation supérieures des jeunes comoriennes : cette année la gente féminine est d’ailleurs très bien représentée, ainsi 64% des candidats âgés de 15 à 18 ans sont des femmes et elles représentent 52% des candidats âgés de 20 à 25 ans.

Quels conseils donneriez-vous aujourd’hui à une jeune française ou une jeune comorienne qui s’apprête à s’engager dans la vie active et souhaite contribuer au développement de son pays ?

Je pense que les femmes doivent avant tout suivre la voie de leur choix qui correspond à leurs aspirations.
C’est en s’épanouissant dans ses fonctions et dans sa vie personnelle que chaque femme trouvera les ressources nécessaires pour imaginer, construire ou appuyer des projets qui participeront au développement de leur pays.

Consultez les résultats de la "campagne étudiants" 2012-2013

Dernière modification : 08/11/2012

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