Le portrait de la femme du mois

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Madame Sikina Saïd Soilihi, vous venez d’être nommée chef de la cellule de coordination du projet franco-comorien de codéveloppement. Comment s’est passée votre nomination ?

Ma nomination s’est faite suite à un appel à candidatures lancée par le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’ambassade de France dans la presse nationale. J’ai déposé mon dossier qui a été ensuite sélectionné pour que je puisse passer un entretien. J’ai donc passé l’entretien, suite à quoi j’ai été retenue pour occuper depuis le 21 mai 2012 le poste de chef de projet du programme Franco-Comorien de codéveloppement.

Ne pensez-vous pas que la parité homme femme ait joué en votre faveur ?

Non, je ne pense pas car je n’étais pas la seule à être retenue pour passer l’entretien. Il y avait aussi des hommes et d’autres femmes et je note au passage que le comité de sélection a été constitué en majorité par des hommes. D’ailleurs je n’adhère pas à l’idée de quota, hommes-femmes. Très sincèrement, j’aime qu’on me juge sur mes capacités et mes compétences.

Comment vivez-vous votre nouvelle fonction ?

Pour moi, c’est toujours une continuité parce que j’ai été dans un programme de développement et que, par conséquent, je trouve que je reste toujours dans le même domaine. Surtout que nous avons une équipe dynamique qui fait que tout cela a facilité mon intégration dans ce nouvel environnement.

Quelles sont les nouvelles orientations stratégiques du PFCC ?

D’abord, nos orientations stratégiques sont cadrées par des documents fondamentaux du développement du pays tel que le DSCRP et tiennent compte des axes d’intervention stipulées dans la convention de financement. Des axes qui sont déclinés dans chacune de ses trois composantes suivantes :

- Soutenir des associations de migrants dans leurs initiatives pour le développement local de leur pays.
- Mobiliser les migrants comoriens hautement qualifiés en vue du développement de leur pays.
- Accompagner des initiatives économiques des migrants comoriens en Union des Comores.

Je dois ajouter que, concernant la mobilisation de la diaspora hautement qualifiée, elle s’appuiera sur une action de communication soutenue, auprès des bénéficiaires potentiels d’une part, et auprès des migrants d’autre part. Toutefois en ce qui concerne le choix des missions organisées, le PFCC cherchera à montrer la diversité des situations tout en favorisant les interventions relevant de ses priorités qui sont le secteur de rural, celui de l’eau et de l’énergie.

Quel est le principal objectif recherché par le projet PFCC ?

C’est la lutte contre la pauvreté qui entre le dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Et quand je dis lutte contre la pauvreté, c’est aussi favoriser l’insertion des jeunes et des groupes défavorisés. C’est pourquoi, tout en restant dans l’appui au développement local, en concertation avec les bénéficiaires, le PFCC priorisera des projets productifs, c’est à dire générateur d’activités économiques et donc de richesse.

Quelle sera la nouvelle approche dans le choix des migrants hautement qualifiés pour des missions d’expertises aux Comores ?

En ce qui concerne la mobilisation des migrants hautement qualifiés, elle s’appuiera sur une action de communication, auprès des bénéficiaires et des migrants. Toutefois, dans le choix des missions organisées, le PFCC cherchera à montrer la diversité des situations tout en donnant les orientations entrant dans le cadre de ses priorités qui sont : le secteur rural, le secteur de l’eau et de l’énergie. Mais c’est une composante ouverte, et ce sont les institutions publiques, parapubliques et privées qui se déterminent sur l’expression de leur besoin.

Et pour les migrants qui veulent investir aux Comores et donc contribuer au développement économique de leur pays. Quelle sera la marche à suivre ?

Le PFCC les accompagnera dans le cadre de l’appui aux migrants, dans leurs initiatives économiques, lesquelles se feront à travers des opérateurs pour les aider au montage des projets par une mise à leur disposition des conseils techniques et financiers.

Par ailleurs, en tenant compte de la réalité de l’économie comorienne et des conditions dans le domaine de l’investissement privé, il est prévu, dans la nouvelle convention, des facilités d’obtention des crédits. Par exemple, il est prévu une ligne de fonds de garantie en faveur des promoteurs.

Quelle sera la nouvelle stratégie de communication du PFCC, avec pour objectif de toucher le plus grand nombre des membres de la diaspora comorienne ?

La cellule de coordination est un des éléments importants de communication vers la diaspora, cependant il y a une palette d’outils qui seront mis en œuvre pour toucher le maximum des migrants comoriens : le site internet, la page Facebook, l’ambassade des Comores en France, et le consulat des Comores à Marseille, les structures locales en France (collectivités territoriales, communes, associations...)

Il y a le "Relais en France", assuré par le ministère du développement solidaire qui est un outil de communication à l’endroit des migrants comoriens de France mais il y a également aux Comores les échanges avec la presse écrite et audiovisuelle qui permettent de tenir informée la diaspora. Tout se fera dans la philosophie du codéveloppement et des objectifs propres à chaque composante du programme, avec des messages spécifiques et des modalités de communication propres à chacune de ces composantes seront nécessaires.

Pour éviter que des dissensions n’apparaissent sur la nature du projet ou sur ses objectifs, une fois celui-ci mis en œuvre, tout devra se faire, bien entendu, en concertation étroite avec les organisations locales et avec une adhésion totale de deux côtés.

On dit que la troisième génération des migrants comoriens peut couper le cordon ombilical avec les Comores étant admis que celle-ci n’a pas les mêmes repères que leurs parents et grands-parents. Qu’en pensez-vous ?

C’est une réalité et nous devons l’accepter. Les jeunes de la troisième génération sont nés en France et se sentent plus français que comoriens. Par conséquent, ils ne souscrivent pas dans leur majorité aux problèmes de la solidarité avec les Comores. Ils ne se sentent pas redevables au pays. Sur le plan économique ce sera un grand manque à gagner car l’argent de la diaspora est vital pour les Comores. Nous devons anticiper un grand manque à gagner car l’argent de la diaspora est vital pour le pays. Nous devons donc anticiper ce phénomène en engageant, par exemple par le biais du CODEV, des actions permettant un développement économique local et la création d’emplois pour pallier l’amenuisement progressif des ressources encore adressées au pays par les migrants dans le cadre des solidarités.

Quel est votre mot pour la fin ?

Que la deuxième phase du programme de codéveloppement aux Comores puisse réussir à la satisfaction de tous ses partenaires, et surtout de la diaspora qui est le plus grand bailleur de fonds du pays.

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Dernière modification : 09/08/2012

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