Le portrait de la femme du mois

JPEG Bonjour, pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous présenter vos responsabilités et fonctions ?

Je suis Aurélie Damour, j’ai 28 ans et suis Volontaire de Solidarité Internationale (VSI) en poste à Anjouan. Je m’occupe d’un dispositif appelé le « Fonds Social de Développement » (FSD), un outil géré et mis en œuvre par le Service de Coopération er d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France.

Pourrez-vous nous en dire davantage sur ce dispositif ?

Le FSD est centré sur la jeunesse comorienne, tant sur le plan du développement des activités sportives que sur le plan du renforcement de ses capacités d’orientation et d’insertion professionnelle. Ce programme contribue, au plus près des populations, à promouvoir les dynamiques de développement communautaire en participant à l’insertion des jeunes filles et des femmes dans la société.
Cet appui, qui favorise notamment les activités génératrices de revenus, se décline selon trois composantes :

  • Insertion de la jeunesse
  • Développement des activités sportives
  • Développement communautaire

A travers cet outil de développement, nous mettons à disposition de la société civile comorienne (associations, entreprises, collectivités) des fonds visant à appuyer des actions et réalisations concrètes, de petite et moyenne importance, tournées en priorité vers les femmes et les jeunes.

Depuis le lancement du programme en 2009, 28 projets ont été validés par l’Ambassade de France sur Grande-Comore, Anjouan et Mohéli en cofinancement avec les communautés comoriennes, associations, mairies, diaspora et Sanduk (organisme de microcrédit). Les projets financés concernent la construction de plateformes sportives, la réhabilitation de centres culturels et de marchés en passant par les formations en informatique ou en artisanat, soit plus 1 350 000 € investis par la coopération française. Un outil désormais très connu des associations comoriennes désireuses de voir émerger leurs projets et soucieuses du développement économique de leur pays.

Quelles sont donc vos missions au sein de l’Ambassade de France ?

Mes missions consistent en l’accompagnement et le suivi des actions FSD, de l’élaboration d’un projet, à sa mise en œuvre jusqu’à sa réalisation complète, son inauguration, sa clôture et son évaluation dans la phase « après projet ». Un travail considérable mais très stimulant, en collaboration permanente avec les porteurs de projets, car cet outil se veut d’être au plus proche des communautés pour leur apporter un soutien de proximité et répondre ainsi à un besoin réel. Dès lors que des associations viennent nous soumettre leurs projets pour financement, projets déjà pensés, travaillés, réfléchis et très souvent portés par toute une communauté et non par un seul individu, et si nous pouvons répondre à la demande compte tenu des cadres d’intervention du FSD et des fonds disponibles, nous entamons alors avec les futurs bénéficiaires une collaboration active.

Interface du SCAC à Anjouan, les responsabilités sont diverses en plus de celles de gérer le dispositif FSD. Une autre de mes missions est d’apporter un appui technique au nouveau Programme Franco-Comorien de Codéveloppement (PFCC - www.codevcomores.org) qui implique la mobilisation de la diaspora comorienne et son expertise aux fins de financer des projets de développement, créateur de richesse.

En tant que volontaire et réunionnaise, j’ai aussi pour tâche le renforcement des relations Comores/Réunion en assurant un rôle de facilitateur sur tous les projets initiés aux Comores par le Conseil Régional de La Réunion. La Direction Afrique Australe et Océan Indien de l’association France Volontaires (l’organisme d’envoi auquel j’appartiens) est appuyée par le Conseil Régional de La Réunion et le FEDER Coopération (Fonds Européen de Développement Régional - Union Européenne) qui soutiennent actuellement une quarantaine de réunionnais en mission dans la zone océan Indien et en Afrique australe.

Quel est votre principal objectif dans l’exercice de votre mission de volontariat ?

Une mission de volontariat dure en général 2 ans. Mon principal objectif pendant ce laps de temps est de laisser des traces en apportant mon expérience à un maximum de porteurs de projets et en mettant mes compétences au service du développement communautaire. C’est une chance et un honneur de pouvoir apporter sa contribution, aussi minime soit elle, au développement économique et social d’un pays et de pouvoir apporter une petite pierre à l’édifice dans le secteur notable de la coopération et du développement entre ces deux pays amis que sont la France et les Comores.

D’une façon générale, quel rôle, selon vous, les femmes doivent-elles aujourd’hui jouer pour le développement de leur pays ?

Dans le cadre de ma mission, en tant que chargée de mission de coopération technique au sein de l’Ambassade de France, j’ai pu constater à plusieurs reprises que les femmes étaient bel et bien présentes dans le secteur du développement à l’instar des nombreuses associations féminines très structurées.
Sur les 28 projets FSD mis en œuvre depuis 2009, 8 projets touchent directement au domaine « Genre » et représentent 28,5 % de la somme totale des fonds alloués par la coopération française. 5 de ces projets ont été portés par des associations féminines.

- L’initiative Hôpital Ami des Bébés, porté par l’école de médecine et de santé publique, visait l’amélioration du lien entre le nourrisson et sa mère et la diminution du taux de mortalité infantile au sein de la maternité du CHN El Maarouf (Grande Comore).

- Les formations en informatique visant à permettre une meilleure maîtrise de l’outil informatique par les femmes comoriennes, notamment les jeunes filles déscolarisées (Grande Comore et Anjouan).

- La reconstruction de l’école maternelle de Mbeni. Projet porté par l’Association Féminine de Bienfaisance de Mbeni, visait la construction de locaux corrects en lieu et place des locaux vétustes afin d’assurer un enseignement maternel de qualité (Grande Comore).

- La vitrine de la femme anjouanaise, une galerie commerciale à l’initiative du « Comité Féminin de Défense des Droits et Intérêts de Mutsamudu », association créée par des mutsamudiennes dont les objectifs sont l’épanouissement de la femme à travers la création d’activités génératrices de revenus ainsi que la valorisation des produits locaux.

- L’extension de la Maison des Femmes "Djando la Mohoro". La Commune, reconnaissante de la contribution des femmes dans le développement de la communauté, a voulu qu’elles disposent d’un lieu bien à elles aménagé et adapté à leurs activités, où elles peuvent se retrouver, s’organiser, et tenir leurs activités (Grande Comore).

- L’unité de production couture/broderie mise en place à Anjouan par l’association Maoitoinia, qui regroupe plus de 500 femmes.

- L’appui au secteur artisanal avec le Réseau Femmes et Développement. 30 artisans de Mohéli ont été formés en design et gestion.

Cela montre bien l’engagement et l’intérêt portés par les femmes pour le développement. Femmes et développement vont de pair. Je peux déjà en citer 3 dans mon entourage professionnel proche, qui occupent des postes clefs :

  • Mme Sikina Saïd Soilihi, chef de la cellule de coordination du PFCC
  • Mme Andhumaty Ben Omar, la responsable de l’antenne PFCC à Anjouan
  • Mme Bicarima Ali, responsable du portefeuille projets développement rural, santé et environnement au sein de l’Agence Française de Développement (AFD - www.afd.fr).

3 comoriennes, 3 dames de fer investies pour le développement de leur pays et 3 femmes qui donnent un sens à la célèbre maxime d’Aragon qui dit que « la femme est l’avenir de l’homme ».

Quelles difficultés et quels problèmes existent à l’heure actuelle dans la société dans laquelle vous évoluez, en matière d’égalité femme-homme ?

Il est vrai que dans le cadre de ma mission, j’ai affaire à beaucoup d’hommes, souvent plus âgés que moi et parfois même des représentants d’autorités gouvernementales ou étatiques. Pour une jeune femme étrangère, évoluant professionnellement dans un milieu différent, dans un pays de culture différente, la difficulté réside dans la capacité à affronter et à faire face à ces inégalités apparentes, dites de « genre ». Mais rien d’insurmontable dès que l’on instaure une vraie dynamique de partenariat avec notre entourage professionnel. « Impossible n’est pas français » comme disait Napoléon.
Ce rapport homme/femme s’en trouve embelli, productif et constructif puisque nous avons le même but qui est de faire aboutir un projet dans l’intérêt général.
La notion d’interculturalité est importante lorsque l’on fait ce métier, car elle nous rend capable de nous adapter au mieux à la diversité des situations de relations auxquelles nous sommes confrontés.

Vous disiez être une VSI (Volontaire de Solidarité Internationale). Pouvez-vous nous en dire plus sur France Volontaires ?

France Volontaires existe depuis plus de 40 ans. Cette association envoie des volontaires un peu partout dans le monde. C’est une grande famille qui véhicule des valeurs nobles de partage et de solidarité. Vous pourrez d’ailleurs découvrir prochainement des mini reportages, en tournage en ce moment même, sur les volontaires en poste à Madagascar, mis en ligne d’ici fin novembre sur le site de France Volontaires : www.france-volontaires.org

Les ambassades françaises font souvent appel à ces organismes d’envoi. Mon poste de volontaire est né d’une demande de l’Ambassade de France aux Comores auprès de la Direction Régionale Afrique Australe et Océan Indien de France Volontaires, basée à La Réunion.
Les jeunes réunionnais envoyés en mission dans la zone océan indien et en Afrique australe sont des ambassadeurs pour la Région Réunion et favorisent ainsi le rayonnement de la France dans cette partie du monde.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin !

Ma mission s’achève dans peu de temps. Je souhaite que le volontaire qui me succédera prenne autant de plaisir que moi dans l’exercice de sa mission ici aux Comores. L’occasion m’est donnée à travers cet article de promouvoir le volontariat et surtout le volontariat aux Comores. Aussi, je recommande vivement à tous ceux qui débutent dans la vie active de se tourner vers le volontariat et les encourage davantage à postuler sur les Comores où tant de choses restent à faire, à développer, à impulser. C’est pour moi une expérience professionnelle très enrichissante et une fabuleuse aventure humaine qui se poursuit….. pour quelques mois encore.

Je vous invite dés maintenant à consulter les sites du Réseau des Espaces Volontariats :

www.evfv.org ou directement
www.evfv.org/Afrique-Australe-Ocean-Indien

Dernière modification : 14/09/2012

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