Le portrait de la femme du mois

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Bonjour Madame Mze Madi Mariama, pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous parler de vos responsabilités ?

Je m’appelle Madame Mze Madi Mariama, épouse Kassim. Je suis mère de trois enfants : Mohamed Nazeme Lazare Yacob, né en 1997, Kassim Raounak-Sitty-Salwa née en 2000 et j’ai aussi adopté Madi Fadhla-Francia-Mbariki, en 1997.

Je suis entrepreneur, dans l’import-export de denrées et de matériels de constructions en gros, ainsi que de vanille. Ma société s’appelle Maison Makas.

Je suis également armateur de trois bateaux (Makas Navigation) ; je travaille dans le monde politique (j’ai été candidate aux législatives en 2009 où j’ai passé le premier tour) et je suis aujourd’hui Maire de Bambao Yamboini.

D’autre part, je suis membre de l’association E F O I C O M (entrepreneur féminin de l’Océan Indien Comores) et de l’Organisation Patronale des Comores et je suis la Présidente de l’Association Réseau Femmes d’Ikoni Djabal.

Quels sont les 3 mots qui vous caractérisent le mieux ?

Honneur, devoir et dévouement.

A la fois femme entrepreneur et Maire de Bambao, comment se déroule votre travail au jour le jour avec les hommes ? Quelle est votre perception de la parité hommes-femmes aux Comores ?

Les 24 heures ne sont pas suffisantes pour couvrir l’immensité des tâches quotidiennes que sont les miennes. Il s’agit d’un jeu d’équilibriste entre ma vie professionnelle, personnelle et familiale. Les relations avec les hommes sont plutôt cordiales mêmes si je sens que beaucoup reste à faire pour que la présence d’une femme dans des activités dévolues jadis aux hommes, ne soit pas exceptionnelle mais naturelle. J’évolue dans un milieu d’hommes et jusqu’à ce jour, je n’ai ressenti aucun sentiment misogyne ouvert à mon égard, y compris dans les milieux de la grande notabilité du pays avec qui je me sens d’ailleurs plus à l’aise.

La parité dans son sens absolu n’existe pas aux Comores. Il n’y a aucune femme dans les assemblées représentatives du peuple comorien. Mais l’évolution des mœurs politiques et le fléchissement de certaines habitudes rétrogrades ouvrent des voies sérieuses pour la place de la femme dans l’échiquier politique de mon pays.

Comment faites-vous pour concilier votre vie professionnelle et votre vie de famille ?

Il s’agit d’une gymnastique quotidienne qui nous oblige à nous surpasser tous les jours. Mais malgré les contraintes de temps et les emplois du temps différents, j’arrive à créer ces espaces de vie commune avec ma famille qui est en réalité le moteur de tout ce que je fais.

Début mars 2014, vous avez eu la chance de participer au 2ème Forum Mondial des Femmes Francophones à Kinshasa, représentant ainsi la Femme comorienne. Qu’est-ce que la participation à ce forum a représenté pour vous ?

Cela a été l’occasion pour moi de faire le tour du monde, pas en tant que touriste mais en grande Femme politicienne. J’ai pu faire la connaissance de personnes intéressantes et partager sur différents sujets avec des femmes de cultures différentes, ce qui était très enrichissant.

Si vous deviez faire un résumé de ce forum en une seule phrase, laquelle serait-elle ?

La femme francophone est engagée, elle a une vraie place dans le monde…

Est-ce que vous pensez qu’un jour il y aura une femme comorienne Présidente de l’Union des Comores ?

C’est un rêve que je caresse depuis bien longtemps. Celui de voir mon pays donner un véritable sens à son émancipation. Que la femme devienne l’égale de l’homme, y compris dans les plus hautes fonctions du pays sans pour autant porter atteinte à ses traditions et coutumes qui font la richesse de mon pays. Une femme, Présidente des Comores, cela n’est pas une utopie.

Quels conseils donneriez-vous aujourd’hui aux jeunes Comoriens, hommes et femmes, qui souhaitent contribuer au développement de leur pays ?

L’audace est la mère de toutes les réussites. Si vous ne tentez rien, vous n’obtiendrez rien ! Alors osez participer à l’essor de votre pays. Ce pays a de l’avenir. Un avenir intéressant, alors prenez le train maintenant avant qu’il ne soit trop tard. Beaucoup d’efforts ont été faits, il faut que les jeunes aient confiance en l’avenir de leur pays.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Que les agitateurs de nos institutions ne viennent pas perturber cette stabilité politique en construction.

Pour changer les habitudes, cela nécessite une grosse organisation. Cela nécessite aussi de courtes formations techniques dans le management politique pour pouvoir utiliser les moyens modernes de mobilisation des citoyens. Il faut espérer que je puisse mobiliser les ressources financières et les moyens humains nécessaires pour que nous puissions passer du rêve à la réalité et donner un nouveau souffle à un pays qui a tant souffert de l’égoïsme de certains.

Il faut espérer que je puisse réussir la mission de Maire de Bambao Ya Mboini et me servir de ce tremplin pour des ambitions plus grandes, régionales et nationales, dans un avenir proche.

Merci beaucoup pour le temps que vous nous avez accordé, nous vous souhaitons une bonne continuation.

Dernière modification : 25/04/2014

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