Les étudiants d’ISA BTP construisent une école à Ouzioini

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Il est 9h sur le chantier d’Ouzioini et les étudiants de l’ISA BTP travaillent sans relâche depuis 3 heures déjà, pour que l’école soit finie à temps : les murs sont en cours d’édification, et chacun s’affaire à la tâche. Construire une école en un mois, c’est le défi que se sont donné ces étudiants, et ils ne ménagent pas leurs efforts pour y parvenir.

Le chantier a débuté le 4 mars, et sera inauguré le 2 avril 2013. Ces étudiants de 5ème année ont choisi de réaliser leur projet de fin d’études aux Comores, pays d’origine de l’un de leurs camarades de promo.

Habitués des stages et des chantiers, il ne s’agit pas de leur première expérience de terrain.
C’est néanmoins la première fois que toute la promotion œuvre ensemble vers un but commun. « Depuis le début, jusqu’à l’inauguration, on gère tout » explique un étudiant. « L’ambiance est bonne, et nous sommes tous motivés pour finir le chantier dans les temps ». Certains confient qu’il est « dur de travailler avec autant de chaleur, mais on s’habitue doucement ».

Au total, 4000 parpaings seront utilisés pour construire 3 salles de classe, une bibliothèque, le bureau du directeur, la salle des professeurs et un local technique, répartis en deux bâtiments.

JPEGLoin d’être paritaire, l’équipe comprend tout de même 12 filles, soit 20% de la promotion ; ce qui est largement supérieur à la part des femmes travaillant dans le secteur du bâtiment, évaluée à près de 5%.

« Nous effectuons les tâches les moins physiques : ferraillage, charpente, menuiserie mais on touche à tout, même au béton et à la maçonnerie. Par contre, pousser la brouette et porter les parpaings, c’est plutôt réservé aux garçons. »

A la question portant sur la réaction des comoriens face à leur présence sur le chantier, les étudiantes répondent par une anecdote : alors qu’on préparait les châssis en tordant l’acier, une petite fille venue voir les travaux de sa future école s’est adressée à nous : « Mais vous faites le travail que mon papa fait d’habitude ! ».

Sur le terrain, les filles comme les garçons se donnent à fond pour tenir les délais, et permettre aux enfants d’étudier dans leur nouvelle école dès le mois prochain.

« Nous avons eu un très bel accueil à l’arrivée, certaines femmes ont même pleuré. D’autres nous ont fait part de leur inquiétude. Nous les avons rassurés en leur disant que ce n’était pas la première fois qu’un projet de la sorte était organisé » confie une étudiante.

En effet, chaque année, les étudiants en dernière année de l’ISA- BTP partent dans un pays en développement pour construire des bâtiments en lien avec l’enfance et l’éducation : Afrique de l’Ouest, Madagascar,…. Ils n’en sont pas à leur coup d’essai, et cette expérience participe assurément au succès des projets sélectionnés.

Comme tous les étudiants de la promo, Claire et Pauline, 22 ans, commenceront leur stage de fin d’études dès leur retour en France. Si la première a choisi de s’exercer dans l’Aquitaine, la seconde partira à Paris, dans une entreprise de rénovation des bâtiments historiques, « pourquoi pas le Panthéon ? », espère-t-elle. JPEG

Les étudiants ont reçu un accueil chaleureux dès leur arrivée. Pour se loger, des maisons ont été mises à leur disposition. Pour l’occasion, la maison du maire fait office de réfectoire trois fois par jour. Les femmes des différents quartiers d’Ouzioini viennent, à tour de rôle, préparer le repas, « de qualité, et en bonne quantité » assurent les jeunes qui travaillent 10h par jour sur le projet.

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Chaque dimanche, le chantier devient une véritable attraction pour les habitants du village, qui viennent constater l’avancée des travaux, et prêter main forte aux étudiants.

Toute l’équipe peut également compter sur le soutien du gouvernorat de l’île de Ngazidja, et de l’Armée Nationale de Développement (AND), qui offrent un grand support logistique, ainsi que l’approvisionnement en eau.

Après la visite du chantier, le Consul de France s’est entretenu avec le maire et les notables de la communauté, remerciant chacun d’avoir « aidé à sa mesure ». C’est en effet un bel élan dont ont fait preuve les habitants, en fournissant aux jeunes de la nourriture et des logements.

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La présence de ces jeunes, dynamiques et motivés, tend à tisser des liens au-delà de la construction de l’école dans le village. Le fait que les jeunes aient le même âge que les enfants de ceux qui les accueillent permet de créer une synergie. Ils sont intégrés à la vie de la communauté, et « nous les traitons comme nos propres enfants » assurent les ouzioiniens.

La reconnaissance de la communauté envers le travail réalisé par ces jeunes français contribue de facto à offrir au projet des conditions idéales d’exécution.

Bel exemple de solidarité entre la France et les Comores, l’école construite à Ouzioini sera la trace du passage des étudiants de l’ISA BTP aux Comores, symbole d’un échange de savoir-faire, d’une expérience inter culturelle et de partage entre les deux pays.

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Dernière modification : 20/03/2013

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