Objectifs du millénaire pour le développement - Intervention de Pascal Canfin

Retrouvez l’intervention de Pascal Canfin au sujet des Objectifs du millénaire pour le développement prononcée à New York le 25 septembre 2013 dans le cadre de la 68e session de l’Assemblée générale des Nations unies.

"Mesdames, Messieurs les Présidents,

Mesdames, Messieurs les Ministres

Mesdames, Messieurs, les Ambassadeurs,

Mesdames, Messieurs,

C’est un très grand honneur pour moi que de représenter la France à cet événement spécial. Chacun le sait, il nous reste moins de mille jours pour avancer encore dans la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) mais aussi pour définir l’agenda qui leur succédera.

Le rapport du Secrétaire général nous montre le cap à suivre. La France s’inscrit pleinement dans cette vision.

Notre premier impératif, c’est donc la réalisation des OMD.

Ces objectifs ont largement contribué aux progrès sans précédents obtenus depuis 2000 dans la lutte contre la pauvreté.

Dans ces deux années d’ici 2015, l’accélération des progrès vers les OMD doit rester notre priorité. Nous devons et pouvons mieux faire en renforçant l’impact de notre action.

La France s’y efforce en poursuivant trois orientations :

La première consiste à concentrer son aide sur les pays les plus éloignés des OMD. Tel est le sens du renforcement de la concentration de l’aide française vers les pays les moins avancés.

La France cible également les enjeux qui ont un fort effet de levier. C’est le cas du respect des droits fondamentaux, sans lequel le droit au développement ne reste que théorique. C’est le cas de l’émancipation des femmes.

Notre troisième orientation vise à assurer tant l’accès universel aux services fondamentaux, que leur qualité, trop souvent négligée. Dans le domaine de la santé, nous lançons grâce au produit de la taxe française sur les transactions financières, une initiative pour donner à 2 millions d’enfants un accès gratuit à la santé. Ainsi, nous aiderons à faire reculer la mortalité infantile. Grâce aux financements innovants, nous dégageons de nouvelles ressources pour le développement.

Ces efforts pour accélérer la réalisation des OMD sont bien évidemment essentiels. Mais nous le savons, ils ne suffiront pas à éradiquer l’extrême pauvreté d’ici 2015. C’est pourquoi nous devons dès à présent penser à l’après-2015. Et notre ambition, doit être de réaliser, l’éradication totale de l’extrême pauvreté d’ici 2030. Notre monde a connu ces dernières décennies un enrichissement sans précédent qui nous permet aujourd’hui de dire, que ce qui était une utopie, est aujourd’hui à notre portée.

Pour autant, nous n’arriverons à éradiquer la pauvreté que si nous sommes capables d’adopter des modèles de développement soutenable. Aujourd’hui, la première menace pour le développement, c’est le réchauffement climatique. Un monde à +4°C est un monde où les rendements agricoles chutent, où la sécurité alimentaire n’est plus assurée, un monde où, de ce fait, la mortalité infantile augmente.

Il n’y pas lieu de choisir entre la lutte contre la pauvreté et le développement durable. Nous ne pourrons réussir à réaliser l’un sans l’autre. L’agenda unique n’est pas une question idéologique, c’est un impératif d’efficacité.

Ce nouvel agenda devra être universel. C’est notre mobilisation collective qui permettra d’inventer les nouveaux modes de production et de consommation qui offriront une vie digne à 9 milliards d’êtres humains dans les limites physiques de notre planète. Cette universalisation ne va pas, bien sûr, sans différenciation. La différenciation est une condition de l’universalisation. Chacun doit participer à cet effort collectif en fonction de ses capacités et les pays les plus riches devront plus que jamais faire preuve de solidarité, solidarité entre pays développés et pays en développement, solidarité également à l’intérieur de nos sociétés.

Nous nous engageons aujourd’hui dans une formidable aventure : celle de définir un agenda commun pour une prospérité durable et partagée. Cet agenda est ambitieux. Il est impératif."

Discours du ministre délégué du 25 septembre 2013

Dernière modification : 01/10/2013

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