Patrimoine de l’Océan Indien mis en lumière

BMP - 274 ko
Porte Swahili
©National Museum of Kenya / O.Ashikoye

Les pays riverains de l’Océan Indien viennent de partager prise de conscience, analyses et réflexions autour d’un bien commun, le patrimoine.

.

La promotion et la sauvegarde du patrimoine, essentielles du point de vue de la mémoire collective et de l’identité des groupes humains, peuvent être un moteur pour le développement social, économique et durable », affirme Marie-Pierre Ballarin, historienne à l’IRD. Forts de ce constat, une trentaine de chercheurs, architectes et spécialistes de la conservation réunis en colloque à la Réunion cet automne [1], se sont penchés sur la question patrimoniale des villes du bassin océanique indien. Pour cette première édition, études de cas et analyses comparatives issues de 16 pays ou territoires ont montré la richesse des échanges entre les différentes rives de l’océan Indien. Ceux-ci prennent leurs racines dans le commerce des boutres [2] depuis l’époque médiévale. Le patrimoine urbain, avec ses dimensions culturelle, architecturale et immatérielle [3], est l’héritage des différentes civilisations qui ont contribué à sa diversité. Dans le cadre de la collaboration avec les National Museums of Kenya, trois chercheurs kenyans présentaient leurs travaux sur les défis de la conservation de Lamu – ancienne cité swahili [4] classée sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco –, sur les enjeux de mémoire liés à l’esclavage ou encore sur les portes sculptées swahili et indoarabes. Ces dernières sont des exemples très concrets et matérialisés de la circulation des hommes et des idées dans cette région du monde.

.

BMP - 115.1 ko
Porte Swahili
©National Museum of Kenya / O.Ashikoye

.

Entre histoire et avenir, les patrimoines sont l’objet d’enjeux au cœur du développement. À ce sujet, la question de la gouvernance et celle des outils de législation ont été soulevées et la disparité des situations mise en évidence. « Engagées dans les projets de conservation, les communautés locales peuvent en tirer un certain bénéfice social et économique, poursuit la chercheuse. La notion de ressources est importante, par exemple ici celles liées au processus de valorisation touristique. » Le futur programme pilote régional « Patrimoines, ressources et gouvernance en Afrique orientale, australe et l’océan Indien » en témoigne d’ailleurs.

.

BMP - 86.5 ko
Porte Swahili
©National Museum of Kenya / O.Ashikoye

.

Dans un monde ou s’accélèrent les mutations des espaces urbains ou non, reconnaître la valeur d’un héritage commun est le socle d’actions de valorisation en coopération entre les îles et les États de la région.

.

Contact

.

marie-pierre.ballarin@ird.fr

Urmis (IRD / Université de Paris-Diderot / Université de Nice-Sophia Antipolis / CNRS)

.

Extrait de l’édition novembre/décembre 2011 du journal de l’Institut de Recherche pour le développement, Sciences au Sud.

.

JPEG

[1Entretiens du patrimoine de l’océan Indien, organisés dans le cadre de « 2011,année des outre-mer » par l’École nationale supérieure d’architecture de Montpellier (antenne Réunion), la direction des affaires culturelles-océan Indien et la Région Réunion, en partenariat avec l’IRD, le Département de la Réunion, les villes de Saint-Denis et de Montpellier, le Théâtre du Grand Marché, Île de la Réunion Tourisme et le musée La Saga du Rhum.

[2Petits voiliers arabes utilisés pour le commerce, à l’origine en mer Rouge puis par extension entre les îles de l’océan Indien.

[3La notion de patrimoine élargie englobe aussi bien des monuments que des sites naturels ou encore des savoirs populaires.

[4La culture swahili est le fruit de la rencontre entre des groupes bantous, arabes et dans une moindre mesure persans qui ont créé une civilisation urbaine prospère le long de la côte est-africaine, de l’ouest de Madagascar et des Comores.

Dernière modification : 27/02/2012

Haut de page