Portrait de la Femme du mois

JPEG

Bonjour Nassimah DINDAR, pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous présenter votre parcours professionnel ?

Titulaire d’une maîtrise de Lettres, je suis enseignante de carrière. J’ai choisi de me lancer en politique en 1998 pour concrétiser mon engagement personnel et associatif et apporter ma contribution au développement économique et social. C’est ainsi que j’ai d’abord été élue conseillère régionale, puis conseillère municipale et conseillère générale. Je suis depuis 2004 Présidente du Conseil Général et je préside actuellement la Commission Outre-mer de l’Assemblée des Départements de France ainsi que la Plateforme régionale des Femmes en Politique dans l’Océan Indien. J’ai par ailleurs été amenée à exercer certaines fonctions au sein d’instances politiques nationales : conseillère politique en charge de la diversité auprès de Nicolas Sarkozy ; présidente du comité opérationnel outre-mer du Grenelle de l’Environnement ; Enfin, j’ai été élue Présidente de l’UDI (Union des Démocrates et Indépendants) Réunion en mai 2013 et Jean-Louis Borloo, Président de l’UDI, vient de me nommer à son contre-gouvernement et m’a confié le portefeuille « Recherche, innovation, prospective ».


Quels sont les 3 mots qui vous caractérisent le mieux ?

Libre : Je suis une femme politique qui travaille avant tout pour La Réunion et les Réunionnais. Je ne m’enferme aucunement dans une logique de parti. Au contraire, je souhaite créer l’union la plus large afin que nous puissions travailler, ensemble, au développement de La Réunion et au retour à la croissance.

Passionnée : Je m’engage toujours avec passion dans les combats que je porte, tant sur le plan personnel que politique ou associatif.

Combative : Je ne me laisse pas abattre par le premier obstacle qui se dresse devant moi. Je suis une femme profondément convaincue qu’à force de volonté et de combativité, nous pouvons aider les Réunionnais et soutenir l’économie locale.

Vous avez effectué une mission aux Comores du 7 au 12 mai 2013, lors de laquelle vous avez parcouru la Grande Comore, Mohéli et Anjouan. Qu’est-ce qui a retenu votre attention lors de cette visite ?

Cette visite qui s’est déroulée dans les meilleures conditions grâce à la totale implication de l’Ambassade de France à laquelle je dis toute ma gratitude, a été riche en émotions et en enseignements et il n’est pas facile de faire le tri. Je retiendrai la beauté des paysages d’îles à la fois semblables et différentes, ainsi que la qualité de l’accueil de la population et des autorités comoriennes. Il m’est agréable de les en remercier ici. Ce qui m’a frappée aussi c’est l’immensité des besoins, dans tous les domaines : j’ai visité des hôpitaux, des dispensaires, des écoles… On y fait beaucoup avec peu, mais dans des conditions plus que difficiles. J’ai pu aussi constater la mobilisation des autorités comoriennes, aussi bien au niveau de l’Union que de chacune des îles. L’attente est grande, à la dimension des besoins, attente vis-à-vis de la France dans son ensemble, mais aussi de La Réunion, une île où vit une partie du peuple comorien. Je souhaite sincèrement que cette visite contribue à renforcer les liens historiques, humains et culturels qui unissent La Réunion aux Comores, dans la perspective d’une aide au développement de ce pays. Elle ne doit pas constituer un acte isolé mais se présenter comme un nouveau départ.


Vous avez fait part de la présence à La Réunion d’une diaspora comorienne qualifiée et susceptible de s’investir dans des projets productifs. Quels doivent être, selon vous, les axes prioritaires du développement régional entre La Réunion et l’Union des Comores ?

C’est vrai qu’à La Réunion existe une diaspora comorienne désireuse d’agir en faveur du développement de son pays d’origine et il importe de l’intégrer dans la politique française de co-développement menée avec les Comores. Le Conseil Général de la Réunion peut y participer. Les axes prioritaires de notre coopération avec les Comores s’inscrivent d’abord dans le cadre des compétences départementales comme la santé, la protection maternelle et infantile, l’éducation, l’agriculture… Plus globalement, nous pensons que La France/Réunion doit accompagner les Comores dans leur développement économique, social et culturel, à la fois par solidarité avec un peuple frère, mais aussi pour limiter les migrations trop souvent source de drames humains. Il faudrait cordonner et mettre en synergie les actions menées par l’Etat, le Département, la Région, dans le cadre d’une stratégie commune arrêtée avec nos partenaires comoriens.


Étant la première femme musulmane élue à la tête d’un département français, que pouvez-vous nous dire des atouts et des limites de l’engagement actuel des femmes en politique, en France comme dans l’Océan Indien ?

Les femmes de l’Océan Indien s’intéressent de plus en plus à la politique et c’est tant mieux car nous avons besoin qu’elles s’engagent et qu’elles apportent leur vision du développement et de l’aménagement de nos territoires respectifs, et du co-développement de notre région. Je tiens d’ailleurs à saluer l’exemplarité des Seychelles qui ont déjà relevé le défi de la parité. Mais il y a encore d’importants efforts à faire afin de favoriser l’entrée des femmes dans le monde politique. Une femme ne peut s’engager politiquement si elle n’a pas accès à des fondamentaux tels que l’éducation, la santé et la sécurité. Les acteurs politiques de l’Océan Indien doivent se saisir de ce combat et promouvoir l’acquisition de ces droits fondamentaux. Au niveau de notre plateforme, nous souhaitons nous associer au monde économique et à la société civile afin d’opérer ce changement radical des mentalités.

JPEG

Militante de la condition féminine depuis les années 1980, vous présidez la Plateforme régionale des femmes en politique dans l’Océan Indien, et avez rencontré vos correspondantes aux Comores. Quel message souhaitez-vous leur adresser ?

De tous temps et dans le monde entier, le rôle des femmes est déterminant, dans la transmission des valeurs, dans l’équilibre de la famille, dans la bonne marche de la société. C’est loin d’être reconnu et dans trop de pays le sort fait aux femmes est révoltant. Egaux en humanité, les hommes et les femmes doivent avoir l’égalité des droits et des devoirs. C’est pour cela que nous sommes résolument pour la politique du « genre » telle qu’elle a été définie par les Objectifs de Millénaire par le système des Nations Unies. La Plateforme régionale des femmes en politique dans l’océan Indien est une initiative de la Commission de l’océan Indien financée notamment par le Conseil Général de La Réunion. Elle concourt à la conscientisation des femmes de notre région quant au rôle qu’elles peuvent jouer, dans leurs îles respectives, mais aussi ensemble, dans la construction d’une communauté indiaocéanique que nous appelons de nos vœux.


Quels conseils donneriez-vous aujourd’hui aux jeunes comoriens, hommes et femmes, qui souhaitent contribuer au développement de leur pays ?

Vous vivez sur un archipel à la croisée des voies maritimes majeures et particulièrement proche du continent africain. Les potentiels de développement de votre territoire sont immenses, dans les domaines traditionnels tels que l’agriculture et la pêche, dans le domaine touristique tant vous possédez de sites remarquables, et dans des domaines innovants tels que les énergies alternatives ou les réseaux de communication et d’information. Formez-vous, développez votre savoir-faire et votre savoir-être et participez activement, à travers la politique, l’implication associative ou la création d’entreprise, au développement de votre territoire et au rayonnement des Comores à l’international. Votre dynamisme est votre force.

JPEG

Retrouver Nassimah Dindar sur :

Facebook : Nassimah DINDAR

Twitter : @NassimahDindar

Dernière modification : 08/07/2013

Haut de page