Quelques données économiques des Comores

1 - Éléments structurels de l’économie

L’Union des Comores est un petit pays insulaire de 755 000 habitants, souffrant de fragilités structurelles qui en font une économie vulnérable, associant faible revenu par habitant et retard de développement.

Le secteur privé est peu développé et peu diversifié en raison d’un climat des affaires peu favorable et l’activité économique est contrainte par les capacités énergétiques du pays, les délestages électriques y étant de plus en plus fréquents.

Le secteur agricole emploie 80% de la population active (36% du PIB) mais n’est concentré que sur trois produits de rente (vanille, girofle, ylang-ylang) représentant 70% des exportations.

JPEG La fleur d’ylang-ylang ou encore "reine des Comores", est recherchée pour son huile essentielle par les plus grands parfumeurs. Les Comores en sont le premier producteur mondial.

La balance commerciale est structurellement déficitaire en raison d’une faible base exportatrice (17,5% du PIB) sujette aux variations des cours des produits agricoles, et d’un besoin important de biens importés (58% du PIB).

Si la situation monétaire est maîtrisée notamment grâce à l’appartenance à la Zone franc (ancrage à l’euro, limitation des avances monétaires contribuant à contenir l’inflation), le secteur bancaire et financier y est peu développé et sujet à un grand nombre de faiblesses (notamment un taux élevé de créances douteuses). La gouvernance des grands opérateurs publics (télécommunications, énergie, banques) menace leur viabilité et les rend inefficaces, tout en faisant peser un coût important sur l’Etat.

2 - Conjoncture économique

— Contexte socio-économique
Avec près de 400 habitants au km², les Comores sont densément peuplées et plus de la moitié de sa population (53 %) a moins de 20 ans.
Selon la dernière enquête des ménages de 2014, près de 18 % de la population vit en dessous du seuil international de pauvreté fixé à 1,9 dollar par habitant et par jour. L’incidence de la pauvreté qui varie considérablement d’une île à l’autre, semble plus forte dans les zones rurales et sur l’île de Mohéli. Les inégalités sont importantes, avec un indice de Gini de 44,9.

Les perspectives économiques sont encourageantes. La croissance du PIB devrait s’accélérer et atteindre 2,5% en 2017, au-dessus des niveaux constatés en 2015 (1%) et en 2016 (2,2%). À moyen terme, la croissance devrait se stabiliser autour de 2,7%, soutenue par le dynamisme des secteurs privé et public.

En 2015-2016, l’activité économique a été particulièrement perturbée par les défaillances dans la production, la transmission et la distribution d’électricité. La compagnie publique Ma-Mwé, en situation de monopole, souffre de problèmes de gouvernance opérationnelle et financière qui se traduisent par un manque d’investissements, des pertes commerciales et techniques fréquentes, une tarification inadaptée (le prix de l’électricité y est parmi les plus élevés d’Afrique) et des équipements anciens et inefficaces. Les délestages fréquents affectent l’activité économique tandis que la situation financière de l’entreprise fait peser un coût très élevé sur l’Etat et sur d’autres entreprises publiques telles que la SCH (Société Comorienne des Hydrocarbures) auprès de laquelle la Ma-Mwé a accumulé des arriérés de l’ordre de 10% du PIB.

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Il existe des opportunités pour développer le secteur privé aux Comores. Les secteurs de l’hôtellerie et du transport aérien intéressent notamment les investisseurs. Le pays fait cependant face à d’importants problèmes de compétitivité et de diversification économique. L’amélioration du climat des affaires est dès lors prioritaire pour développer le secteur privé et créer des emplois dans le secteur formel.

La situation extérieure du pays a continué de se dégrader en 2015-2016. En raison d’une faible base exportatrice et du besoin élevé de biens importés, le déficit commercial s’élève à 40% du PIB et seul le maintien des transferts de migrants de la diaspora à un niveau important (24% du PIB) contribue réellement à contenir le déficit courant toutefois en hausse (11,5% du PIB en 2015 contre 6,5% en 2014). Le pays est en effet très dépendant des transferts des migrants pour s’approvisionner en devises et alimenter l’activité, mais ces transferts ne financent que peu d’investissements productifs.

3 - Situation budgétaire et endettement des Comores

Les tensions budgétaires, prononcées depuis plusieurs années, se sont aggravées dans un contexte de ralentissement de l’activité économique et de faible gouvernance financière. Selon le FMI, les recettes fiscales n’ont représenté que 11,1% du PIB en 2015 et pourraient atteindre 9,8% du PIB en 2016, représentant moins de 40% des ressources totales du gouvernement.

Mais l’économie comorienne a connu une amélioration au cours des derniers mois. La croissance économique devrait progresser légèrement grâce aux transferts provenant de la diaspora et à l’investissement public dans les infrastructures qui soutiennent la demande interne. Une meilleure fourniture d’électricité et un plus grand accès aux services de télécommunications soutiennent aussi les activités du secteur privé, avec le lancement de la deuxième licence globale de télécommunications et l’entrée d’un second operateur sur ce marché.

En revanche, les dépenses budgétaires sont en hausse, poussées par la masse salariale de la fonction publique qui absorbe presque l’intégralité des recettes fiscales en 2016. En conséquence, le gouvernement accumule régulièrement des arriérés de paiement sur les salaires des fonctionnaires.

La survie économique et financière n’est possible que par le soutien extérieur apporté par les bailleurs et certains pays (notamment du Golfe) et le niveau élevé des transferts des migrants (plus de 25% du PIB).

L’appui budgétaire exceptionnel sous forme de don apporté par l’Arabie Saoudite aux Comores en décembre 2015 (40 M€, soit 8% du PIB) a permis de normaliser pour un temps la situation financière du pays. Ce financement, qui a rendu caduc le programme de soutien financier proposé par le FMI à son conseil d’administration en décembre 2015, a déjà été consommé intégralement, notamment pour régler des arriérés et apurer la dette de l’Etat auprès de la Banque centrale.

Les services du FMI indiquent un risque « modéré » pesant sur la dette comorienne. L’inclusion des transferts des migrants dans l’analyse de la soutenabilité de la dette publique extérieure avait permis de reclasser le risque d’élevé à modéré. Malgré une hausse de la dette publique extérieure entre 2014 (19,8% du PIB) et 2015 (25,7% du PIB), le maintien à un niveau élevé des transferts des migrants (24% du PIB) permet d’atténuer l’analyse du risque.

L’amélioration des finances publiques est une condition essentielle du développement des Comores. Le gouvernement doit pouvoir mobiliser des ressources pour financer son ambitieux programme d’investissement et améliorer les conditions de vie de la population. Les réformes de la gestion des finances publiques sont primordiales pour créer des marges de manœuvre budgétaires. Et les efforts pour améliorer la performance de la société nationale d’électricité doivent être poursuivis pour réduire les subventions de l’État.

5 - Enjeu de développement

Les Comores qui se situaient au 159e rang (sur 188) du classement de l’indice de développement humain de l’ONU en 2015 doivent surtout lutter contre la faim et la malnutrition.

En 2012, près de 32% des enfants de moins de 5 ans, surtout en milieu rural, souffraient de malnutrition chronique et accusaient un retard de croissance.

En outre, la mortalité infantile reste élevée : en 2012, elle était de 36 pour 1 000 naissances (chez les enfants de moins de 1 an) et de 15 pour 1 000 (chez les enfants de moins de 5 ans).
Le taux de mortalité maternelle est de 172 décès pour 100 000 naissances.

6 - Présence commerciale française

La France et les Comores entretiennent d’étroites relations économiques et financières.
Ainsi, la France est le 1er bailleur du pays (entre 25% et 45% des engagements annuels d’aide publique au développement) et demeure un partenaire commercial majeur (3e fournisseur et 2e client en 2015).
Cette relation prend également un relief particulier dans le cadre des accords monétaires de la Zone franc. En effet, la France garantit la convertibilité illimitée du Franc comorien et dispose d’une représentation à hauteur de 50% au conseil d’administration de la BCC, la Banque centrale des Comores. Cette dernière est un pilier de la stabilité économique du pays dans un contexte de fragilité économique et de vulnérabilité marquée du système financier.

Source : Mission Économique du ministère des Affaires étrangères & Banque mondiale.

7 - Tableau comparatif avec l’Afrique Sub-saharienne

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Dernière modification : 04/04/2018

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