Transfert de compétences entre les Bancs Publics de Marseille et le CCAC-Mavuna : entretien avec Estelle Renavant, administratrice des Bancs Publics


Ce vendredi 2 septembre avait lieu la restitution du projet de formation et de transfert de compétences entre les Bancs Publics de Marseille et le CCAC-Mavuna.

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Ahmed Said Ali Soumette, directeur du CCAC-Mavuna, et Julie Kretzschmar,, formatrice en théâtre, accompagnés de participants des ateliers de formation. © Service de Presse de l’Ambassade de France aux Comores

Soutenu par la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et par le Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’ambassade de France, ce projet avait pour objectif de renforcer les capacités du CCAC-Mavuna en matière de gestion administrative et de conduite de projet, et d’appuyer son développement et son rayonnement dans l’archipel.

Le projet a pris la forme de la mise en place d’un cas pratique par l’organisation de trois formations, en théâtre, en photographie, et en administration et gestion de projets culturels, réunissant des participants de Grande Comore, d’Anjouan et de Mohéli.

La restitution a été l’occasion pour le directeur du CCAC Ahmed Said Ali Soumette, ainsi que les formateurs Pascal Grimmaud, Julie Krestaschmar et Estelle Renavant de présenter les travaux des 26 participants aux différentes formations, avec une projection de photographie et la représentation d’une courte scène de théâtre.

La restitution a également été l’occasion de parler du futur du CCAC-Mavuna, et de présenter le nouvel administrateur du centre, Youssouf Amal Athoumani, qui a participé à la formation « Administration et production d’un projet artistique et culturel ».

Nous avons rencontré Estelle Renavant, administratrice des Bancs Publics de Marseille et formatrice de l’atelier " Administration et production d’un projet artistique et culturel", qui a pu nous parler de ce projet de coopération.

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Estelle Renavant des Bancs Publics de Marseille, et formatrice de l’atelier " Administration et production d’un projet artistique et culturel" © Service de Presse de l’Ambassade de France aux Comores

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Estelle Renavant. Je suis l’administratrice de deux structures à Marseille. La première qui s’appelle les Bancs Publics, qui est une structure culturelle qui produit des spectacles qui a été créée en 1998 et qui depuis un an est résidente de la Friche La Belle de mai. Nous développons notamment un festival qui s’appelle « Les rencontres à l’échelle », qui est un festival axé sur la Méditerranée dont nous organisons la 11ème édition cette année. Je suis également administratrice de la compagnie de théâtre « L’Orpheline est une Epine dans le Pied ».

Comment est né ce projet de coopération entre les Bancs Publics et le CCAC Mavuna ?

Je suis venue pour la première fois aux Comores dans le cadre d’un projet basé sur un texte de Salim Hatubou, qui est LA personne qui a beaucoup œuvré pour le lien entre Marseille et les Comores. Il a écrit un texte qui a été monté en spectacle par Julie Kretzschmar au moment où Marseille était capitale européenne de la culture et qui parle de l’arrivée de la France aux Comores. Salim l’a écrit avec l’anthropologue Damir Ben Ali qui a recueilli cette histoire dans les années 1970. C’est comme ça qu’on est venues la première fois aux Comores en 2012.

C’est un projet qui a été mené pendant trois ans avec des résidences de travail à la fois ici et à la fois à Marseille. Il y a eu 4 représentations à Marseille, une en Grande Comore et une à Mayotte.

C’est dans ce cadre qu’on a rencontré Soumette Ahmed qui était acteur dans ce spectacle et qui nous a parlé du CCAC Mavuna. Le centre existait, mais ils avaient du mal à avoir une vraie structuration administrative et un suivi. Quelqu’un qui coordonne les projets. Soumette a proposé que l’on fasse quelque-chose ensemble, que je puisse venir et aider à former quelqu’un pour poser les premières bases.

La première étape de ce projet c’était en mars 2015. Je suis venu pendant trois semaines pour donner une formation de 15 jours à laquelle ont participé 11 personnes, dont Athoumani Amal Youssouf qui est aujourd’hui l’administrateur du CCAC et qui a par ailleurs prit une part active dans la création du festival "Slamer un pied sur la lune". Le SCAC a financé mon billet d’avion.

Suite au premier volet en 2015 j’ai rencontré la région PACA pour leur parler de ce projet et ils ont décidé de nous suivre là-dessus.

Au titre de la formation en administration culturelle que j’ai mené la semaine dernière, il y avait 5 participants qui avaient déjà tous, soit une expérience associative, soit l’idée d’un projet. C’était un petit groupe donc c’était vraiment un format atelier. Ils pouvaient suggérer des choses, même entre eux, parce que le contexte, eux ils le connaissent. De plus le contexte n’est pas exactement le même en Grande Comores, à Anjouan et à Mohéli, donc je pense que c’était vraiment très riche d’avoir des représentants de toutes les îles. De plus, plus ils seront en réseaux plus ils seront fort.

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Projection des travaux de l’atelier photographie © Service de Presse de l’Ambassade de France aux Comores

Quel bilan dresseriez-vous des formations et qu’ont elles apportées au CCAC ?

C’est compliqué de l’extérieur. Mais de ce que j’ai pu en voir, l’un des exemples c’est Amal. Amal qui, dans l’année qui suit, participe à un projet qui donne lieu à un festival. Je suis arrivée à Moroni lors de la soirée de clôture, et ce à quoi j’ai assisté était de qualité. Il y avait beaucoup de public.

Le projet a aussi permis au CCAC de se faire connaitre sur les trois îles ?

Oui pour le coup ça a bien marché ça.

Après c’est aussi compliqué de communiquer avec l’extérieur. Mais le fait que les membres du CCAC et notamment les chefs de file du CCAC aient l’occasion de se déplacer, de pouvoir inviter des artistes des autres îles, des artistes malgaches, etc., c’est aussi ça qui est très enrichissant et qui a permis, je pense, au CCAC de se développer.

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L’’atelier théâtre a pu présenter une courte scène. © Service de Presse de l’Ambassade de France aux Comores

Un mot pour la fin ?

Je voudrais vraiment insister sur le fait que, comme tout projet, le CCAC peut perdurer et se développer s’il y a vraiment une volonté collective. Je pense que c’est un enjeu, et j’espère qu’il a été bien compris qu’Amal ne pourra bien travailler que si on lui permet de travailler correctement.

Il y a eu plein de gens qui ont mis le temps et les moyens dont ils disposaient, qui ont réussi à convaincre des partenaires qui à l’origine, n’étaient pas forcément liés à ce type de projet. Ce cumul d’énergie est primordial mais ça ne s’alimente pas de soi et de fait.

Au regard du projet que nous menons, depuis Marseille, avec le CCAC, je remercie tous les partenaires qui ont pu le rendre possible parce que ce n’est pas négligeable.

Enfin, un des enjeux de ce programme de formation était la transmission afin que les plus âgés soient formés pour ensuite former à leur tour les plus jeunes. Aussi, d’inviter des intervenants qui viennent d’ailleurs pour parler d’autres méthodes, d’autres auteurs ou d’autres photographes que ceux dont ils ont entendu parler jusque-là, afin qu’ils soient en mesure de transmettre tout ça aux générations suivantes dans le cadre de formation qu’ils donneront eux-mêmes.
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Donc je leur souhaite de pouvoir continuer à échanger, ici et ailleurs.

Dernière modification : 08/09/2016

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